‹ Rhumatisme tuberculeux primitif: Polyarthrites aiguës primitives d'origine bacillaireChapitre 21 sur 22 · PRONOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET TRAITEMENT

Nous avons vu, en parlant des formes cliniques du rhumatisme arliculaire aigu tuberculeux primitif, ses différentes terminaisons : guérison, tuberculoses osseuses el articulaires, tuberculoses viscérales. Son pronoslic est donc des plus variables, mais le fait seul qu'il peut guérir ou laisser une longue survie mérite d'attirer particulièrement l’aitention. En fait, en luimême 1l n'est pas dangereux et ses complications le sont rarement. Un diagnostic précoce, un traitement approprié, immédiatement établi auront donc une influence considérable sur l'avenir du malade.

Son pronostic semble, en général, meilleur que celui du rhumatisme évoluant au cours d'une tuberculose ; les cas de granulie généralisée apparaissant quelques jours après un rhumatisme tuberculeux sont heureusement les plus rares ; les formes qui se terminent par des lésions pulmonaires ne sont pas toutes incurables : une pleurésie, une lésion commençante des sommets, une épididymite sont justiciables d’un traitement régulier que malheureusement le malade, trop souvent, est dans l'impossibilité de suivre. Mais, en dehors des conditions individuelles, d’hérédité, de milieu social, le pronostic est plutôt rassurant.

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Les lésions articulaires et osseuses, elles-mêmes, n'ont pas, en général, la même gravité que celles qui s'établissent d'emblée chez les tuberculeux. Ce qui rend encore leur pronostic particulièrement favorable, ce sont les beaux résultats que l’on obtient chez cette catégorie de rhumalisants quand, malgré tout, on est obligé d'intervenir: chez eux, après des résections lolales, on a des néo-articulations vraiment utiles : «le périoste, les tissus voisins, irrités, enflammés, mais non détruits comme dans les autres ostéo-arthriles tuberculeuses, plus virülentes, ont conservé loutes leurs propriétés ostéogéniques. »

Il en est enfin, de ces rhumatisants, et 1l ne faut pas l'oublier, qui guérissent, les uns complètement, les autres entrant alors dans la grande classe des arthritiques tuberculeux, à lésions bénignes, n'influençant pas l’état général.

Grande importance donc d'élablir rapidement le diagnoslic : nous avons montré qu'il est souvent difficile mais non pas impossible, qu'il faut surtout y penser. Une fois diagnostiqué, le rhumatisme articulaire aigu tuberculeux primiuf est justiciable d’un traitement général et d’un traitement local.

Le (raitement général sera celui de lous les tuber culeux, ce sera surtout un traitement hygiénique : le repos ou un travail modéré, une bonne alimentation et même la suralimentalion, les loniques, les vins généreux, la vie au grand air, à une certaine allitude ou aux bords de la mer, toute une hygiène bien comprise associée à une médicalion consliluante,

Traitement local : L'élément douleur -est souvent

calé par la cryogénine, à la dose de 5o à 1 gr. 25 par Jour. On pourra en cas d’insuccès essayer l'aspirine, l’hédonal aux mêmes doses: Des malades se trouvent , bien de la chaleur, d’autres du froid : les vésicatoires sont d’une efficacité incontestable.

L'immobilisation à laquelle on ajoutera la révulsion locale s'impose, surtout lorsqu'il s’agit d’une arthrite mono-articulaire : on préviendra ainsi les arthrites fougueuses, suppurées. Le massage, les frictions, les séances progressives de mobilisation lutteront contre les raideurs articulaires, contre la tendance à l’ankylose.

Le traitement dans une station thermale est plutôt contre-indiqué : « beaucoup de rhumatisants guérissant mieux avec l'huile de foie de morue que par les bains.»

Il n’en est pas de même de l’heureuse action de l'héhiothérapie locale : les bains de soleil prolongés donnent de merveilleux résultats,

Dans le rhumatisme tuberculeux primitif de longue durée, tendant à la chronicité, peut-être pourrait-on essayer le traitement par les courants continus, préconisé par le D" Lévêque, pour les tuberculoses chirurgicales (obs. XIV ‘). Voici ses conclusions :

« Nous voyons que nos observations comptent une majorité de succès; quant aux autres. le courant n'a pas par lui-même réveillé ou excité un foyer tuberculeux : il en aurait peut-être même plutôt ralenti l’évolution.

‘ Lévêque, th. de Lyon, 1903, Essai de traitement des luber-

culoses chirurgicales par les courants continus.

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« Loin donc d'admettre que les courants continus sont dangereux, nous dirons que dans les affections tubereuleuses prises dès ‘le début ou lorsque leur marche est lente, leur application peut rendre de grands services en aidant l'organisme à se guérir lui-même.

« Nous croyons que la meilleure façon de lesutiliser est d'employer des courants de haute intensité avec de larges électrodes, c’est-à-dire de densité élevée et pendant des séances longues et fréquentes. Le pôle positif élant placé sur le point malade, l'intensité sera augmenté lentement jusqu'à ce que lélectrode négative soit perçue nettement, mais non douloureusement. »

Quoi qu'il en soit de ce traitement, qui est encore à expérimenter dans le rhumatisme articulaire aigu tuberculeux primitif, ce qu'il importe surtout de soigner, c'est l’état général : il faut avant tout songer au malade qui, simple rhumatisant aujourd’hui, atteint d'une affection légère, peut devenir plus tard un tuberculeux.

Empêcher un rhumatisant tuberculeux de devenir un tuberculeux à lésions graves est une œuvre de prophylaxie individuelle et sociale.

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