DANS LA LITTERATURE MEDICALE
Bien que le rhumatisme chronique semble connu de-
puis l'Antiquité, Ja conception de cette affection, comme
entité morbide, ne semble guère s'être fait jour qu'avec Sydenham, Musgrave et Sauvages, Fi il est curieux de retrouver, dés cette époque, sous la plume de Sydenham, la discussion diagnostique entre le rhumatisme lombaire et la colique néphrétique :
« I] y 4 une autre sorte de rhumatise, qui est ordinairement regardé comme une maladie d’un autre genre et qu'on peut trés bien nommer < rhumatisimes des Jorbes », On ressent à Ja région des lombes une douleur fixe et trés violente qui s'étend quelquefois jusqu'à Vos sacrus, et ressemble à la colique néphrétique, si ce n’est que le ralade ne vomit pas : car, outre la douleur cruel-
. le et presque insupportable que Von souffre aux environs
des reins, on en ressent quelquefois une tout le Jong des uretères jusqu'à la vessie, Il est vrai que cette derniére douleur est moins violente que Y'autre.
Cependant, j'ai été trompé, autrefois, croyant qu’elle venait de quelque gravier arrété dans les uretérz,
alors qu’elle est réellement causée par la matière enflam-mée du rhumatisme qui, abandonnant le reste du corps, se Jette sur ces endroits-là et y produit une ardeur brü-
lante. »
Sous l'inspiration de Teissier, de Lyon, Jouve écrit en 1902 une thèse fort originale sur le rhumatisme ver-tébral chronique.
Parmi les observations qu'il publie, nous relevons
a) Comme manifestations du rhumatisme vertébral chronique cervical :
Première Observation (Treisster)
« Arthrite chronique cervicale (2° poussée), phénomènes vaso-trophiques consécutifs
1°) Œdème localisé de la région sus-scapulaire droite, trouble vaso-moteur sous la dépendance du sympathique.
2°) Des troubles vaso-moteurs, sudation exagérée, dans les membres inférieurs, qui font à peu près sûrement prévoir que l’ankylose cervicale descendra à la région lombaire ».
2 Observation (TRISSIER)
« Femme de 40 ans, qui à passé une longue partie de sa vie exposée au froid humide. Chez elle, on note le double caractère de la douleur de la région cervicale et de l’immobilisation complète de cette région ; la lésion a envahi également la plus grande partie de la région dorsale, C’est une forme mixte : cervico-dorsale. Elle présente des troubles particuliers : crises de pseudo-anvor, très angoissantes, ayant fait d'abord supposer, par le médecin qui la traitait, une cardiopathie. Du spasme pharyngé avec douleurs dans Îa contraction des muscles constricteurs du pharynx. Déglutition pénible. Douleur térébrante dans le voile du palais.
Souffle extra-cardiaque avec tachycardie.
Points de névralgie diaphragmatique avec crises dyspnéiques très marquées ».
Après l’exposé des observations du rhumatisme cervical, Jouve écrit :
« Il faut faire remarquer que souvent le rhumatisme vertébral chronique localisé à la région cervicale s’accompagne de troubles nerveux de deux ordres principaux : troubles oculo-pupillaires (dont les principaux sont le myosis uni ou bilatéral, et l’insuffisance ou l’abolition de la réaction pupillaire à la lumière et à l’accomodation), et éroubles cardiaques. »
b) Comme manifestations du rhumatisme chronique dorsal :
1°) « Quant aux troubles de la sensibilité, ce sont sur-tout des douleurs en ceinture qui étreignent les malades, ce sont des névralgies simulant la névralgie intercostale vraie, ce sont enfin, parfois, des crises douloureuses qastriques, indépendantes des repas, de l'état de vacuité ou de réplétion de Pestomac. »
2°) « D’autres malades, de la pratique privée de M. le Professeur Teissier, ont présenté aussi ces véritables crises de pseudo-angor, explicables seulement par Pexistence du rhumatisme vertébral chronique.
Nous-mêmes avons eu l’occasion de voir un cas de rhumatisme vertébral chronique où la névrose cardiaque consistait en un véritable affolement du cœur avec arythmie, faux-pas et dédoublements, revenant par crises, en dehors desquelles Pauscultation la plus délicate et la plus consciencieuse ne révélait aucune lésion intrinsèque du cœur ».
À propos d’une observation de mal de Pott viscéraigique, F. Ramond et Jacquelin rappellent qu’ils ont observé un rhumatisme chronique vertébral gonococcique suivi de douleurs gastriques intenses.
Cette mention est faite sans plus amples détails.