‹ Rhumatismes Chroniques et ParathyroïdesChapitre 20 sur 85 · IV) RHUMATISME VERTÉBRAL · texte numérisé non relu

IV) RHUMATISME VERTÉBRAL

Il se caractérise surtout par des douleurs.

Le rhumatisme lombaire ou lombarthrie de Léri est le plus commun chez un sujet jeune, le plus souvent surviennent brusquement et par crises des douleurs à type de lumbago. A l’examen la colonne lombaire est rectiligne et on voit souvent une saillie anormale des apophyses épineuses. Signe important selon LÉri.

Les rhumatismes dorsal et cervical se présentant sous l’aspect de névralgies intercostales et cervicales, sont beaucoup moins fréquemment rencontrés. La radiographie ici encore indispensable, révèle des ostéophytes donnant les images classiques en crochet ou en «bec de perroquet » avec parfois des taches claires d’ostéoporose donnant l’aspect de «nids de guêpes». A la colonne vertébrale comme aux hanches, ce sont les ostéophytes qui apparaissent en premier lieu, accusant d’abord et normalement chez le vieillard les angulations normales donnant des becs aux points d’insertion des ligaments. Le rachis est le siège d’un processus déformant et ankylosant d’une extrême fréquence. La raideur vertébrale en extension ou flexion du tronc provoque les douleurs rachidiennes et parfois des douleurs irradiées dans les membres par compression des racines quand les trous de conjugaison sont affectés par les poussées d’ossification. ?

L'évolution de ces rhumatismes vertébraux est souvent bénigne. La physiothérapie agit, en effet, très efficacement,

mas les crises douloureuses peuvent se répéter et on peut voir s’organiser une véritable soudure vertébrale.

D. — Spondylose rhizomélique.

Dans les rhumatismes chroniques partiels interviennent toute une série de facteurs tels que : infection, micro-traumatisme, précipitation locale, troubles vasculaires, déséquilibre endocrimien, troubles nerveux, phénomènes d’hypersensibilisation.

Dans les rhumatismes généralisés, on est en présence de polyarthrites progressives caractérisées par toute une série de symptômes : douleurs, crampes et spasmes, importance des troubles trophiques. Un de leur caractère est que la cause presque toujours en échappe. Alors que la plupart de ces formes dont le type a été étudié par CHarcor dans sa thèse appartiennent a la femme, il existe un type fort spécial, propre à l’homme et à l’homme jeune caractérisé par une décalcification vertébrale et une calcification des ligaments voisins, c’est la spondylose rhizomélique si bien décrite par P. Marie. Il s’agit d’une ossification des ligaments vertébraux sans altération des vertèbres elles-mêmes, sans ostéophytes, mais avec prise également des épaules et des hanches.

L’affection se localise d’abord, à la partie inférieure de la colonne vertébrale se traduisant par des douleurs de la région sacro-coccygienne puis par une ankylose du rachis a ce niveau amenant de l’impotence plus marquée du fait de l'atteinte des hanches.

A ce moment, tout paraît se calmer. On croit à un arrêt du rhumatisme, on attribue d’heureux effets au traitement. Hélas !!! Les douleurs reparaissent bientôt au niveau des épaules s’irradiant au cou et au thorax. L’impotence survient à son tour et rapidement : épaules et articulations cervicales sont également ankylosées.

La Spondylose rhizomélique se présente alors dans son aspect complet et typique : ankylose à la fois du rachis, des hanches et des épaules. L'aspect du malade qui à ce stade ne souffre plus est des plus caractéristiques. Son dos est voûté, le cou projeté presque horizontalement en avant complètement en-

raidi, dans l'impossibilité absolue d’exécuter quelques mouvements spontanés ou même provoqués. Le thorax est aplati, les cuisses raidies en flexion et en abduction.

L'impotence est énorme, le malade ne peut plus se baisser, il peut à peine s’asseoir et se lever, la marche est presque impossible, en tous cas extrêmement difficile. La radiographie donne une image très particulière avec aspect normal ou trop pâle des Corps vertébraux et des apophyses transverses, aspect ossifié des ligaments interspinaux sous forme d’une bande longitudinale très sombre, flanquée de deux bandes latérales mo ns marquées, c’est l’image typique en tige de bambou. Il s'agirait pour Léri d’une décalcification frappant des pièces osseuses qui réagissent secondairement par un processus réparateur d’ossification surtout ligamenteuse comme s’il se faisait une mutation calcique.

Quoi qu'il en soit, l’évolution de la spondylose rhizomélique se poursuit pendant de longues années. La thérapeutique reste en général impuissante.

Il semble bien, à l’heure actuelle, qu’une infection soit presque toujours le point de départ de la Spondylose rhizomélique et pour beaucoup l'infection gonoccique jouerait un rôle capital.

C’est à dessein que nous avons fait de la spondylose rhizomélique un chapitre à part. Il est difficile, en effet, de faire rentrer cette polyarthrite, dans le cadre des rhumatismes partiels, d’un autre côté elle diffère des formes de rhumatismes non déformants par une ossification des ligaments vertébraux. Mais nous croyons que OPPEL a raison de prétendre que pour lui, la rigidité de la colonne vertébrale en cyphose du type Betcherew et la spondylose rhizomélique en,attitude rectiligne ou maladie de Marie, ne sont que les deux stades successifs d’une, même affection : la polyarthrite ankylosante.

Toute polyarthrite ankylosante n’est donc pas une spondylose rhizomélique. mais une spondylose rhizomélique est une forme de polyarthrite ankylosante.

! Le mot de «polyarthrite ankylosante » serait donc, dans ces conditions, un terme général comprenant les arthrites chroniques multiples à tendance ankylosante, les arthrites déformantes

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