OBSERVATION IX (D' JEANNENEY
Rhumatisme chronique ankylosant progressif. Parathyroïdectomie. Enorme amélioration immédiate. Accidents d’'hypoparathyroidie au 17e jour. Mort de pneumonie au 20€ jour.
Me BTS "ans
Aucun antécédent héréditaire ni personnel. Bordet-Wassermann négatif. Réglée à 14 ans. Régulièrement et abondamment. 3 enfants bien portants. Ménopause à 45 ans, c’est à cette époque que la maladie a débuté : troubles graves d'emblée. Douleur. vivé, gène fonctionnelle intense. Progressivement s'installent des déformations et des ankyloses au niveau des doigts, des poignets, des coudes, genoux. Douleurs vives nécessitant des calmants.
Trois séjours à Dax avec soulagement temporaire.
D’innombrables injections de calmants antirhumatismaux furent essayés sans résultat durable.
Examen. — Malade gravement atteinte, souffrant de douleurs spontanées très vives.
Mobilisation des articulations très douloureuse. Coude gauche ankylosé. Les deux genoux, les deux cous-de-pied, les deux poignets sont presque complètement ankylosés. Main déformée en coup de vent. Le 5€ doigt est rejeté en dedans au niveau de l’articulation de la phalangine avec la phalangette. Pour les autres doigts 17€ phalange est en flexion sur tête des métacarpiens ; la phalangine est en flexion sur la phalange ; la phalangette en extension sur la phalangine.
Cou-de-pied gauche ankylosé à angle droit.
Colonne vertébrale ankylosée en rectitude.
Radiographie montre toutes les extrémités osseuses augmentées de volume surtout au niveau du genou, teinte grisâtre, délimitation imprécise. On note des lésions destructives marquées. Les têtes osseuses et échancrées, le tissu osseux ostéoporosé. L'interligne a presque disparu. Latéralement quelques proliférations osseuses.
Le carpe est des deux côtés ankylosé en masse, on devine à peine les ourlets qui le constituent.
Eïiat général. — Malade asthénique, ni atonie musculaire, ni atrophie, tout le tissu adipeux est abondant.
Calcémie est de 0,125 par litre de sérum.
30 juillet 1932. — Parathyroïdectomie. Les P. T. sont facilement accessibles et microscopiquement normales.
en OC pes
En DOI AT ETIER.
te €
Le LA
ee A A AE IN RE PT ET A NE TT
Le fragment examiné correspond à un fragment de glande thyroïde. Il montre des vésicules typiques avee travées conjonctives un. peu épaisses et infiltrées de noyaux cellulaires. La colloïde est acidophile et faiblement rétractile, les vésicules sont de dimensions inégales.
Il y à dans cette glande des amas lymphoiïdes, volumineux, remaniés par places par un processus de sclérose évolutive.
À cette glande thyroïde sont annexés deux amas de tissu parathyroïdien. L’un le plus petit est accolé à la thyroïde et tout à fait eontigu avec les vésicules thyroïdiennes ; l’autre le plus volumineux, vraie glandule P.T., est appendu à un des pôles du fragment thyroidien.
Ces deux amas parathyroïdiens présentent une infiltration marquée par du tissu adipeux. Les cellules parathyroïdiennes sont du type chromophobe, mais dans le plus gros fragment on trouve des amas tout à fait typiques de cellules chromophiles éosinophiles avec une disposition quasi-adénomateuse. Congestion marquée avec çà et là de petits foyers hémorragiques.
Le surlendemain de l'opération, la malade très satisfaite peut
mouvoir ses poignets et ses doigts alors qu’antérieurement ces mou-
vements révélaient des douleurs atroces. Elle se tourne plus facilement dans son lit, peut même remuer les jambes. Elle peut croiser les mains au-dessus de sa tête, geste qui avant était absolument impossible.
En somme, toutes les articulations n'ayant pas une ankylose anatomiquement organisée sont plus souples et retrouvent sans douleur une possibilité de mouvements qui paraissait désormais interdite.
Cette amélioration va progressivement de jour en jour, malheureusement 12 jours après la malade est prise d’une diarrhée profuse, de vomissements et d’une douleur épigastrique assez vive, le facies est terreux, l'amélioration articulaire notée au début persiste.
A l’auscultation 7 jours après, on trouve à gauche un foyer broncho-pneumonique en formation. Des enveloppements sont ordonnés ; on pratique un abcès de fixation et malgré traitement toni-cardiaque énergique, la malade meurt dans la nuit.
J. Vincent #