‹ Rhumatismes Chroniques et ParathyroïdesChapitre 69 sur 85 · OBSERVATION X (DT JEANNENEY · texte numérisé non relu

OBSERVATION X (DT JEANNENEY

Rhumatisme chronique déjormant. Parathyroïdectomie. Amélioration manifeste.

Mne D... Stéphanie, 49 ans.

Antécédents négatifs. — Mère asthmatique. 4 frères morts en bas âge. 2 sœurs et 1 frère vivants, bien portants.

Réglée à 14 ans. Règles irrégulières en durée et quantité.

A 18 ans : elle aurait, dit-elle, éprouvé une douleur brusque au niveau du gros orteil gauche, persistant 15 jours plus tard ; une déformation s'installa et progressivement les doigts de la main devinrent douloureux et leurs articulations se déformèrent, s’ankylosèrent.

A 23 ans : les grosses articulations se prennent à leur tour. Les poignets, les cous-de-pied, les genoux se figent.

L'évolution subit un temps d’arrêt ; toutefois depuis lPâge de 32 ans la malade est pratiquement infirme, la marche et la station debout étant impossibles.

Depuis 3 ans, les épaules et le coude gauche, jusqu’à ce moment non atteints, le sont à leur tour.

Examen. — Rhumatisme polyarticulaire déformant avec ankylose partielle intéressant presque toutes les articulations, sauf la colonne vertébrale et l’articulation temporo-maxillaire qui paraissent à peu près intactes au point de vue fonctionnel.

Examen radiographique. — Empâtement général au niveau des articulations malades, les interlignes articulaires sont effacés, pincés. Les extrémités osseuses très irrégulières, planes et comme soudées, ne font qu'un seul bloc. Aux poignets, les interlignes entre ourlets sont absolument invisibles. Au niveau des doigts il y a pénétration des têtes osseuses, élargies et proliférées.

On note une désagrégation des travées osseuses et une ostéoporose intéressant presque toutes les épiphyses.

Examens de laboratoire :

Urines :

Albanie ER MANN 0 Glucose 5 MU RER RARE 0 ACétoneit er EU. AU ARR NES 0 Sang :

Hémoplobine sy ASereUs O9

Numération globulaire :

BÉOA MOST NE Ne 9.580.000

Leucotytes er AE ARE CAN 6.400 Formule hémo-leucocytaire :

alranelétires En m0" TEL EX HIe0

Eosinophiles.. .:...:-.. RTE NOTES Ne

EVMphooytes ner renT rie RS

Grands mononucléaires .......... 642.04

Calcium sanguin : 118 mgr. (PT Lagar).

Traitement. — Parathyroïdectomie le 24 août 1932, sous-anesthésie générale, incision en cravate.

Le corps thyroïde est dégagé et chaque lobe saisi par une pince à

anneau est levé successivement.

Recherche des P. T. et ablation de 6 fragments au total envoyés à l'analyse.

Ligature des thyroïdiennes inférieures des deux côtés. MISche avec contact C. T.

L'examen anatomo-pathologique des fragments montre qu'il s’agit bien de parathyroïdes.

Suites. — Dès le lendemain la malade accuse une diminution du

gonflement des doigts et une mobilité un peu plus étendue des articu-

lations. Elle est améliorée le 6 septembre 1932. ’

La malade est revue le 19 novembre 1932. L'amélioration notée à la sortie persiste. Les douleurs ont presque disparu. L’asthénie notable avant l'opération a rétrocédé. Le caractère s’est modifié. La malade est plus gaie.

Le jeu articu.aire est plus souple surtout au niveau coude et épaule gauche, ce qui permet à la malade de porter son bras gauche à l'oreille droite.

Elle remue plus facilement. L'aspect des articulations n’est pas modifié. Les déformations sont les mêmes qu'avant l'intervention.

OgsEervaTION XI (DT JEANNENEY),

Rhumatisme chronique déformant. Parathyroïidectomie. Amélioration

considérable.

Mme J..., 58 ans, infirmière.

La US a eu une fausse couche de 4 mois 1/2. Un podeE Wassermann fait alors aurait été négatif. Un traitement spécifique institué

en 1929 a été sans action sur les douleurs.

Le 21 janvier 1916 : la malade ressent brusquement sans cause apparente des fourmillements dans les mains et les pieds. Peu après les articulations tibio-tarsiennes douloureuses s’immobilisent, la marche devient pénible.

Les articulations sont légèrement enflées, la peau est rouge et très chaude ; les douleurs internes sont calmées par l’aspirine.

Les articulations des poignets et des doigts s’engourdissent à leur tour et ainsi les travaux délicats tels que : panser un malade, coudre, écrire deviennent difficiles et parfois impossibles.

Peau des mains est épaisse et luisante.

Deux mois après, tout rentre dans l’ordre et jusqu’en janvier 1917 il n’y a qu’un peu de raideur articulaire.

A partir de cette époque pendant 3 ans et sans trop de rémission les douleurs reviennent et l’état de la malade s’aggrave peu à peu.

Le 1er janvier 1921, elle abandonne son métier d’infirmière.

Une cure à Dax l’améliore peu. Malgré tous les médicaments, elle voit peu à peu toutes ses articulations s’ankyloser. Les douleurs sont croissantes et siègent au niveau de toutes les articulations. Depuis deux ans, toutes les fonctions articulaires sont compromises allant de raideur à ankylose totale.

Les articulations atteintes sont globuleuses, les déformations les plus typiques sont au niveau des doigts où on note des déformations en extension et en coup de vent décrites dans le rhumatisme ankylosant progressif.

La radiographie montre des poignets, des cous-de-pied, des genoux où linterligne articulaire est complètement effacé. Les os sont décalcifiés. À leur périphérie les articulations sont chargées de néoformations osseuses. |

La calcémie est de 115 mgr.

Analyse d'urines :

Total des éléments dissous. ........... 19 gr. 10 par litre Eléments organiques:..........,..:... 12 gr.

Eléments: minéraux 5144226500 7 gr. 10

Lirée: ARR RE ct En à SON ER CE 8 gr. 35-

Acide urique et bases puriques ........ 1gr.

Acide phosphorique....... ASE Er 1 gr.

Chlorure dé Nate re ane 4 gr. 10 par litre Acidité totale en acide phosphorique... 0 gr. 80

Acide sulfurique total en anhydre .. 0 gr. 90 Albumine Vraie Re Re traces infimes Indoxyle SERRES ar ERA traces infimes

Rapports arologiques :

Rapports de l’urée aux tnatièrés fixes ou coefficiént de Bou: chard — "0,43.

Rapports de l'acide urique à l’urée — 0,021.

Rapports de l'acide phosphorique à l’urée = 0,11.

Parathyroïdectomie le 10 octobre 1932. Découverte du C. T, Ligature des deux thyroïdiennes inférieures, à gauche la paräthyroïde est très facilement trouvée, plaquée contre lé C. T. ; à droite la découverte est moins sûre, on lie doné en plus la thyroïdienne supérieure de ce côté.

L'examen anatomo-pathologique indique du tissu P, T. et du tissu thyroïdien de voisinage.

Suites. — Guérison de la plaie per primam.

Le lendemain même de l'intervention la malade est très soulagée. Elle a l’impression d’avoir pris un cachet calmant, dit-elle. Les douleurs ont totalement disparu. Elle peut déjà écarter ses bras jadis collés au corps et immobiles.

27 novembre 1932. — L'amélioration persiste très nette. Les déformations articulaires persistent, mais les raideurs cèdent au nivéau des articulations où lankylose n’était pas complète. Le jeu articuläire est donc plus souple et d’une amplitude plus grande.

La mobilisation des articulations autrefois très douloureuse est aujourd’hui indolore. La peau a presque repris son aspect normal.

Le pouls est à 85.

La malade est moins asthénique.

En somme, grosse amélioration maintenue jusqu’à ce jour.

OBsERvVATION XII (DT JEANNENEY).

Rhumatisme chronique déformant. Parathyroïdectomie. Amélioration considérable. Mort au 202 jour.

Mme D.., 50 ans.

Antécédents. — Père vivant, aveugle depuis l’âge de 20 ans.

Mère morte à 76 ans d’hémorragie cérébrale.

Un frère et une sœur en bonne santé.

Réglée à 17 ans, toujours très régulièrement. Pas de fausses couches.

Quatre enfants bien portants.

À 44 ans, douleurs au niveau des deux poignets et des doigts. Puis les autres articulations deviennent douloureuses et se figent dans

l'attitude clonique de 1/2 flexion et déviation en dehors ; ainsi SUCcessivement sont atteints : genoux, coudes, hanches, cou, temporomaxillaires.

À l'examen : malade assise. Position en 1/2 chien de fusil, cou raïde, œdème luisant des membres inférieurs et des mains ; peau épaisse, dure au niveau des extrémités et du cou.

Calcémie : 0, 117. 7

Urines : traces de sucre.

Le 21 décembre 1932 : parathyroïdectomie bilatérale.

Examen histologique. — D'un côté, parathyroïdes typiques.

De l’autre : parathyroïde et un petit ganglion lymphatique.

Les parathyroïdes accusent une bonne activité de fonctionnement. Certaines vésicules ont des blocs de colloïde. Le cytoplasme de la plupart des cellules est clair, peu chromophile.

Suites. — Le soir même, la malade lève son bras, écarte ses doigts, ouvre la bouche, mouvements qu’elle ne faisait pas depuis 3 ans. Le lendemain le cou se fléchit, l'œdème des jambes et des mains disparaît avec une extrême rapidité.

La malade ne souffre plus ; on peut la lever, la mobiliser sans lui arracher des cris comme autrefois.

L'amélioration est remarquable, la malade quitte la clinique le 10€ jour.

Malheureusement au 12€ jour apparaissent de petits tremblements des membres, de la lassitude, de l’anorexie.

On constate : éruption générale, facies vultueux, tremblements des paupières, des joues. Pouls régulier mais un peu mou.

Dyspnée. Mort subite le 17 janvier 1932.

Un traitement calmant intensif a été appliqué ainsi qu’un traite-

ment endocrinien (extrait parathyroïdien) sans résultat.

OgsErvarion XIII

(Observation LamBrer (Lille), B. M. Société nationale de Chirurgie, 3 juin 1933.)

Polyarthrite déjormante et ankylosante guérie par parathyroïdectomie.

Homme de 57 ans.

Entré pour arthrites multiples le 18 octobre 1931. Antécédents héréditaires. — Rien à signaler.

Antécédents personnels. — Huit ans aux colonies comme sous-officier.

Pas de maladies antérieures. Pas de paludisme. Faisade a subi Pamputation des deux premières phalanges de l'index et médius gauches à la suite d’un accident.

Début et évolution de la maladie. — L’affection a débuté en février AQU; au Cours de lhiver le malade prend un bain forcé dans l’eau glacée et, 7 ou 8 jours après cet accident, la première crise apparaît toutes les articulations sont tuméfiées et douloureuses (genoux, coudes, poignets, articulations du pied, etc...). La température reste élevée plusieurs jours. On institue un traitement salicylé et la guérison survient au bout d’un mois; cette guérison est complète ; il n’y à plus de tuméfaction articulaire et les mouvements sont normaux,

Une seconde crise se produit trois mois après et depuis cette date des accès identiques surviennent 3 ou 4 fois par an : crises à début brutal, avec fièvre, tuméfaction des articulations et douleurs vives surtout marquées au niveau des petites articulations des mains et des pieds. Au bout de 7 à 8 jours la température baisse et tout rentre dans l’ordre.

Ces crises sont devenues de plus en plus fréquentes et cette année elles ont été particulièrement violentes et nombreuses (8).

Au début elles étaient calmées par le salieylate de méthyle, mais à l'heure actuelle ces médications n’ont plus d’action et seule la colchicine soulage le malade.

De plus dans l'intervalle des accès les mouvements des diverses articulations restent douloureux.

Depuis 1916, des tophi volumineux sont apparus sur la face interne des articulations métatarso-phalangiennes des gros orteils. Deux ou trois ans après, des tophi analogues mais moins volumineux se sont développés au niveau du cou-de-pied et des articulations des doigts.

En 1929, un tophus volumineux et infecté du 5€ orteil gauche a nécessité l’amputation de celui-ci.

Etat actuel (20 octobre 1931). — Le malade présente des déformations considérables des pieds et des mains.

Au pied gauche : une tuméfaction du volume d’un poing d'enfant occupe la base du gros orteil ; à ce niveau la peau est rouge, luisante, tendue. Sur la face interne de cette tuméfaction une fistule laisse couler une sérosité louche, contenant de nombreux débris d’une matière blanchâtre, granuleuse, ressemblant à du mastic.

Sur le bord externe du pied gauche et à peu près en son milieu on

trouve un tophus du volume d’une noix qui ne présente pas de signes

d'infection secondaire.

Le pied droit présente au niveau de larticulation métatarso-pha-

langienne du gros orteil un tophus moins volumineux que de l’autre côté ; il en existe également sur le bord externe. Des tophi plus petits déforment également les articulations des mains, c’est ainsi qu’on en trouve sur les faces latérales des articulations métacarpophalangiennes du médius droit, des articulations des phalanges de Pindex et de l’auriculaire droits.

La main gauche est moins déformée 4 seul l’auriculaire cute présente des tophi.

D'une manière générale ces tophi se présentent ( comme des concrétions sous-cutanées, extrêmement dures, pour la plupart adhérentes à la peau et aux plans articulaires profonds. Seul le tophus du gros orteil gauche présente de l'infection.

L'examen des diverses articulations montre une raideur généralisée qui rend la marche très difficile. |

L'étude radiologique du squelette montre que les lésions prédominent aux pieds, sur le gros orteil.

Elles consistent essentiellement en géodes de résorption osseuse siégeant sur les épiphyses du métatarsien et de la phalange en regard. Ces géodes multiples, de dimension d’un pois, siègent les unes dans le centre des épiphyses, les autres sur les faces latérales. Elles sont arrondies et serties d’un liseré d’os condensé. On retrouve ces images de résorption osseuse sur les sésamoïdes, dans Le corps des phalanges, sur quelques métatarsiens et jusque sur l’os trigone.

Il faut signaler quelques signes d’arthrite chronique. Irrégularité des surfaces, exostoses para-articulaires au niveau des articulations scaphoïdo-cunéiformes.

Aux mains, les lésions sont beaucoup plus discrètes. Elles s’apparentent surtout au rhumatisme déformant.

Les os longs sont indemnes. L’étude des mouvements donne les résultats suivants :

Bras droit. — Mouvements actifs.

Epaulé : hmitation de l’adduction à 900. Extension en arrière et en avant, très limitée, ne peut dépasser le plan du corps.

Coude : raideur articulaire considérable, amplitude d’environ 200, se tient en 1/2 flexion à 900.

Poignet : pas de limitation des mouvements.

Doigts : pouce, mouvements normaux.

Index, médius, annulaire, immobilité en 1/2 flexion, mouvements très limités.

Auriculaire : mouvements normaux.

Le malade ne peut porter la main droite à la bouche ou derrière

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