OBSERVATION I
(WEISSEMBACH, FRANÇON, PERLÈS, SEIDMANN, Société médicale des Hôpitaux de Paris, 1930, p. 1843.)
Mme Adèle Gu..…., 44 ans. couturière.
Entre le 10 janvier 1930, salle Van Swieten à Phôpital Broca, pour rhumatisme chronique déformant progressif avec atteinte profonde de l’état général puisque la malade qui pesait 58 kilos il y a cinq ou six ans avant le début de sa maladie ne pèse plus que 42 kilos.
Il est difficile de fixer exactement le début de la maladie. Pour la première fois en juillet 1925 la malade aurait ressenti quelques douleurs, un peu de gêne articulaire dans certains mouvements au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne de l'index de la main gauche. La marche éveillerait des douleurs dans les articulations des deux pieds spécialement celles des orteils.
Ces arthralgies se manifestent par périodes de crises de durée variant de un ou deux jours à quinze jours.
Cet état persiste jusqu'en février 1927. Au début du mois : angine
Là
pultacée avec grosse température aux environs de 406 pendant huit
jours. La malade reste affaiblie, fatiguée et interrompt six semaines
son travail.
La malade n’a pas souffert de ses articulations pendant son angine. La malade fatiguée reprend son métier de couturière. Elle est gênée alors par de fréquentes céphalées, un état général déficient, une
lassitude progressive.
Au début de mai : nouveaux phénomènes. Chaque matin régulièrement : épistaxis durant souvent presque toute la matinée. Ce saignement de nez n’est pas continu, dure quelques minutes, s'arrête et recommence plusieurs fois.
Ces phénomènes disparaissent au début juin représentés par des troubles des règles. Hémorragies abondantes durant dix Jours, reprenant après un arrêt de huit jours. Ces métrorragies ont été précédées de violentes douleurs dans la région lombo-sacrée ayant forcé la malade à s’aliter six jours.
Malade quitte Paris le 15 août : asthénie s’accentue, état de courbature particulier, gène anormale des mouvements. Elle rentre le 17 août, à ce moment les articulations deviennent nettement douloureuses avec gonflement marqué des tibio-tarsiennes et de l’articulation métacarpo-phalangienne gauche. Température à 390.
On prescrit 8 gr. de salicylate de soude par bouche et une série d’injections de soufre colloïdal. La malade n’est pas soulagée.
Les mains gonflent, les autres articulations atteintes sont les chevilles, les genoux, les deux poignets légèrement.
L'état général est très atteint, température à 390.
Cet état dure jusqu’en février 1928. Coudes, épaules, hanches sont alors atteints, puis plus tard les articulations lombo-sacrées et sacro-iliaques. é
En janvier 1930 : la malade se présente comme une véritable infirme atteinte d’un rhumatisme chronique déformant progressif accompagné de douleurs ne lui laissant aucun répit, dont Pétat général est très atteint et qui est obligée de vivre confinée à la chambre et plus souvent au lit. |
Les déformations articulaires sont très accentuées. AUX Mains les lésions sont plus nettes à droite. Mains froides, peau ridée se laisse facilement plisser. GTS
Pas de rétraction de l’aponévrose palmaire mais densification avec adhérence des plis, surtout à droite.
Ongles friables et striés irrégulièrement. On note de nombreuses éphélides. MEET
Muscles thénar et hypothénar sont flasques et atrophiés ainsi
que les muscles interosseux. Les tendons des extenseurs des doigts sont saillants.
Main déjetée en coup de vent vers son bord cubital.
Les doigts sont amincis, leurs articulations saillantes, ni nodosités d'Heberden, ni de Bouchard.
Mouvements passifs sont possibles. Extension est facile, flexion est dans son ensemble limitée et douloureuse.
Mobilisation des doigts s'accompagne de craquements.
Poignets globuleux avec saillies de tête cubitale, flexion est limitée, flexion du bras normale. Extension est par contre limitée à 1600 environ et l’on sent se tordre la corde du triceps surtout à droite.
A 4 cm. au-dessous olécrane on sent un nodule sous-cutané et une saillie dure.
Les épaules ne sont guère déformées. Craquements.
Les membres inférieurs, pieds peu touchés, tibio-tarsienne est peu atteinte, la flexion y est douloureuse. Les genoux sont globuleux, les méplats effacés ; on trouve très facilement le choc rotulien des deux côtés. Les masses musculaires du mollet et de la cuisse hypotoniques et atrophiés.
Hanche : flexion limitée et douloureuse.
Colonne vertébrale : existence d’une double ligne de saillies épi- neuses dorsales. Mouvements de colonne : limités et douloureux. Le reste de l'examen est normal.
Quelques taches rubis.
T. A. : 13,5-8,5. Méthode auscultatoire.
Le corps thyroïde n’est pas gros. Aucun stigmate de Y ancienne. Examens pratiqués par Dr MARTINEAU :
Urée| sanguine 9/60 26.571 MTeURIeNe 0 gr. 48 Constante d’Ambard ............. KE=01859 à ; FL pasnta 9/6 TRES O,gr. 39 Ru Di Là | globules 9/69 1:22: 0 gr. 182 Glyéémié; 0e Re EEE ler. 12 Cholestéroho EME OU 1 gr. 85 Phôsphorertotal\o/ SR re 0 gr. 135 Galetum total D:9/007 02 ER Lt 0 gr. 105
(Valeur normale par méthode de GUILLAUMIN = 0,095 à 0,110
%J00)- Réserve alcaline en Co, .......... 62-50 DH: Sani EURE Aron 7,34
Réactions de Bordet-Wasserman et Hecht : négatives totalement. Radiographies : lésions osseuses surtout nettes aux doigts.
Décalcification, hypertrophie des extrémités des phalanges avec présence de quelques ostéophytes. Interlignes articulaires sont à peu près normaux, sauf aux articulations phalango-phalangiennes des pouces et aux articulations phalango-phalangiennes de l’annulaire et de l’auriculaire droits. On note encore des zones de décalcification sur les os du carpe, l'extrémité inférieure du radius et du eubitus avec quelques ostéophytes.
Antécédents personnels. — Première et deuxième enfance : entérite, rougeole, coqueluche.
15 ans : entéro-colite.
À 32 ans : grippe et congestion pulmonaire.
33 ans : crise hépatique.
En octobre 1929 : zona intercostal avec diminution des douleurs rhumatismales.
Réglée à 13 ans, très normalement.
Septembre 1928 : règles moins abondantes. Cette modification dure deux mois pendant lesquels malade prétend que rhumatisme s’est amélioré au point de vue douleurs.
Trois grossesses à terme : à 20, 22, 29 ans.
Les trois enfants morts en nourrice de troubles digestifs.
Aucune cause d'intoxication endo ou exogène, sauf une légère intoxication oxycarbonée postérieure d’ailleurs au début du rhumatisme.
Ni crise d'asthme, ni rhume des foins ; eczéma, urticaire, crampes en 1929. Examen des crachats : B. K. négatif.
Malade se plaint d’avoir toujours habité un appartement très humide.
Antécédents héréditaires. — Mère aurait eu à 44 ans une poussée rhumatismale ayant duré six mois aux genoux et poignets avec déformations. | |
Depuis août 1927 : Uroformine.
| ‘Salicylate de soude.
Soufre.
Applications de pommades salicylées, air chaud
Amélioration transitoire de trois mois en 1928 par une cure mixte alternée : atophan 2 cachets par jour un jour sur deux et calchécine 3 granules par jour.
Aspirine a gardé une action sur douleur.
Amélioration le jour même. :
12 août. — Traitement de manière continue.
Du 12 au 23 août : arrêt de tout traitement. Amélioration persiste.
J. Vincent IL
Du 23 août au 23 septembre : nouvelle série de 10 injections de 2 emc., mieux s’accentue tant au point de vue fonctionnel que général.
Arrêt jusqu'au 10 septembre. Amélioration se maintient.
Depuis : traitement.
Actuellement : amélioration énorme de son état. Articulations sont presque libres. Elle peut aller et venir, s'occuper sans trop de gêne. Elle ne souffre presque pas, mais doit prendre assez régulièrement 3 comprimés d’aspirine.
Etat général très amélioré. Elle a repris 6 kilos.
En dehors du traitement parathyroïdien : régime-normalement équilibré. Aucune autre médication sauf aspirine.
10 injections d’allochrysine à 0,10 furent faites en mai-juin.
‘Le 30 janvier 1930 : série d’injections sous-cutanées de 1 cemc. d'extraits parathyroïdiens.
Ce jour même : apparition des règles avec douleurs lombaires. Le lendemain douleurs aux doigts à main gauche avec un peu de gonflement. Limitation des mouvements et tuméfaction des vertèbres dorsales de main.
Pour la malade : douleurs analogues à celles éprouvées aux autres périodes mentruelles. k
A fin des règles 6 février : dose 2 eme.
La malade accuse un mieux sensible 20 minutes après l’injection.
Douleurs moins vives, mouvements plus aisés.
9 février 1930. — petite poussée aux genoux.
Après 12 injections dont 3 de 2 cemc. on arrête le traitement.
24 heures après l'arrêt du traitement : reprise douleurs et raideur. Après interruption de 4 jours : nouvelle série de 2 eme. le mieux persiste jusqu'à 10 injections. À ce moment la malade qui attendait ses règles n’a pas présenté les phénomènes pénibles habituels.
Repos de 10 Jours, reprise des douleurs, reprise des injections.
16 mai. — Série de 10 injections quotidiennes de 1 emc., mais malade à 22 série doit passer à 1 cmc. 1/2 pour être améliorée. Amélioration persiste jusqu’en juin.
À partir 4 Juin : injection tous les jours à 4 eme. À 2. Amélioration moins nette. Produit de fabrication différente et ancienne. Si la malade suspend le traitement un jour sur deux les douleurs reparaissent aussitôt. Il en est ainsi jusqu’au 18 juillet. Nouvelle série d’injections d'extrait de fabrication différente et récente.