‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 108 sur 190 · Chapitre cinquième · texte numérisé non relu

Chapitre cinquième

C'est ce qu'éclaire encore davantage ce fait déjà signalé, à savoir : le défaut ^uniformité dans la manière de reproduire une même phrase. Il ne s'agit pas là de ces variantes qui n'altèrent pas la substance de la phrase, telles qu'additions de notes, légers changements, etc. ; mais bien de ces modifications qui touchent à sa structure essentielle. Le musicien qui possède un air, le notera toujours de la même manière, puisqu'il veut simplement reproduire la même chose. En ce cas, on ne peut faire que des variantes de notation, différentes pour la forme, mais identiques quant à l'effet. Si les auteurs du plain-chant que je nomme moderne, par opposition au texte primitif "tel que l'ont fait les compositeurs, si les auteurs de ce plain-chant moderne, dis-je, avaient saisi un air, un rhythme dans cette suite de notes, ils eussent noté cette mélodie d'après leur système de notation, sans doute, mais d'une manière uniforme, chaque fois qu'ils reproduisaient le même passage. On le constate pour le texte primitif dans chaque manuscrit. Au contraire, tout le monde peut voir avec étonnement que la même phrase est coupée ici d'une manière ; là, d'une autre; que tel passage forme tels neumes qu'on ne retrouve pas dans les autres endroits ; enfin, qu'en un lieu, le texte est tellement disposé, qu'on est porté à choisir pour temps forts des notes qui ailleurs semblent jouer le rôle de temps faibles. Ce sont, on le voit, des différences essentielles. Parfois, bien que rarement et dans certaines conditions, ces changements, pris isolément, pourraient ne constituer qu'une variante; mais répétés et réunis, comme ils le sont, ils bouleversent profondément la phrase.

Voici quelques exemples. Prenons cette phrase bien connue et très usitée.

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exul-te

Rhythme du chant grégorien.

I^ujj Cr r rj^j^^wnv^

exulte

Voici comment on trouve reproduite cette mélodie dans le plain-chant moderne :

exul-te

Nous ne voyons là qu'une division, et les syllabes sont avec elle le seul point de repère pour le rhythme. En dehors de là, il y a une enfilade de notes où l'on ne distingue rien, parce qu'il n'y a plus aucun signe pour indiquer les neumes et les divisions de la phrase. Je suppose que vous essayiez, d'après le souvenir du texte primitif, (encore faut-il l'avoir ! ), de mettre un peu d'ordre dans ce fouillis. Fort bien ; mais voilà qu'à la même page et dans le même morceau, vous retrouvez le même passage avec une coupure différente imposée par la notation.

in se - culum.

On sent l'importance de cette cadence sur Y ut au lieu du si, au point de vue mélodique et aussi harmonique, quand le chant est accompagné. Inutile d'insister sur sa bizarrerie.

Puis nous trouvons ailleurs diverses coupures comme il suit :

etc.

Voilà une phrase avec des cadences bien diverses dans la même édition, et dont quelques-unes sont si mal placées, que

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