‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 120 sur 190 · Chapitre cinquième · texte numérisé non relu

Chapitre cinquième

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C'est insignifiant, point facile à solfier, peu agréable au moins comme marche mélodique, mais ce n'est pas long ; c'est déjà quelque chose quand il s'agit d'ennui.

Le caractère de ce travail d'abréviation ressort avec évidence de l'examen que nous venons de faire. Quand on dit abréviation, on suppose un fond primitif subsistant radicalement, une idée première conservée dans ses parties essentielles et formulée d'une façon intelligible. Ici rien de semblable, c'est une mutilation arbitraire de la phrase première;des coupures et des sutures faites au hasard, sans qu'on ait pris la peine de conserver un sens quelconque. Si encore on avait substitué une mélodie à une autre mélodie. Ce serait un nouveau plain-chant, une nouvelle composition. Voyez, par exemple, cet Alléluia:

Al-le - lu-ia

ïê~^

VSèMà

11 ni

#fa "

Aile

lu- ia

mz^^m^Smm?^^

Qui ne comprend, au premier coup d'ceil, que retrancher les répétitions de cette phrase, c'est lui ôter son caractère, qui est d'être une mélodie à écho. Dans une séance où

j'eus l'occasion de faire entendre cette jolie mélodie, elle fut comprise de suite par des musiciens qui n'avaient aucune idée du chant grégorien, et on la bissa. Eh ! bien qu'est devenu ce petit bijoux mélodique dans le plain-chant moderne ?

En voici 2 exemples :

iP^K

Al-le

lu - ia

Al-le - lu - ia

Ce qu'on peut dire de plus indulgent, c'est que c'est au-dessous de la critique, et qu'il faut plaindre ceux qui, à raison des temps où ils ont vécu, ont dû faire un pareil travail dans des conditions qui ne leur permettaient guère d'arriver à de meilleurs résultats.

Voyons encore 'un autre Alléluia dont le lecteur appréciera la charmante mélodie.

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