Chapitre cinquième
Rien de plus aisé ; mais pour corriger ces 2 notes sur la pénultième brève, on a tout dérangé et fait un passage embarrassé, chacun à sa manière. C'est la preuve que cette correction n'était pas facile et que l'on ne savait trop que faire. Voici les leçons de 3 éditions :
3^a ••-* ♦ ■ — « r». ■ -■ — ■■ lg^i
fi- de - li-um fi - de - li-um fi - de - li-um.
Tous ces exemples donnent des finales mal proportionnées. La moins mauvaise serait la seconde.
En la rhythmant. il
fi - de - li - um
Mais elle a l'inconvénient d'être mal proportionnée avec ce qui précède ; et celui bien plus grave de faire tomber une thesis avant une syllabe du même mot, ce qui parait la scinder; enfin elle porte à accentuer la syllabe pénultième qui est essentiellement atone, puisque, dans le mouvement rhythmique, après une thesis vient naturellement une arsis. Ce serait une faute bien plus grande et plus choquante que la prolongation de cette syllabe sans accent.
On conçoit cependant que cette théorie des pénultièmes brèves ait prévalu à une époque où, le rhythme ayant disparu, le chantre n'avait plus devant lui que des notes séparées et uniformes. Avec cette épellation et (qui pis est) le martellement, il est impossible de ne pas être choqué de l'accentuation qui résultait de ces syllabes. Bien plus, comme on n'avait pas de rhythme, on a pu espérer introduire un élément rhythmique, par ces notes ^ et ♦ indiquant des valeurs proportionnelles. Hélas ! cette introduction de valeurs proportionnelles dans un rhythme libre mettait le comble à la déroute, comme on le voit cidessus par le premier et le dernier exemple. Cette virga
Rhythme du chant grégorien. 14
Rhythme du chant grégorien.
■ avec sa signification d'un temps et demi, suivie de cette brève ♦ d'un demi-temps, produit un arrêt brusque et saccade étrangement le mouvement. Elle produit au suprême degré une thesis qui coupe le mot.
Mais il est curieux de voir cette théorie des pénultièmes brèves, poussée jusqu'au puritanisme.
Cette pauvre syllabe est traitée en paria; elle ne compte pas, elle est superflue, et ne doit pas avoir une note à elle. Elle ne peut que répéter (et toujours brièvement) la note précédente dont elle est seulement l'humble écho.
Ainsi dans
fc
quelle faute y avait-il
T>6 - mi- nus
à donner un ut à cette malheureuse syllabe ? Elle n'était pas accentuée, ni prolongée. Le rhythme était naturel.
Non ; on a écrit :
Il ne faut pas omettre dans cette étude le cas où la syllabe pénultième n'a pas seulement une ou deux notes, mais trois et plus. Dans ce cas elle n'est plus une subdivision d'un rhythme, mais forme elle-même un ou plusieurs rhythmes,selon qu'il y a un ou plusieurs neumes. Exemple :