‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 128 sur 190 · Chapitre cinquième · texte numérisé non relu

Chapitre cinquième

égales. Reste à savoir encore la valeur attribuée à ces espaces ; ce qui n'est indiqué nulle part.

Mais un défaut capital des éditions modernes, c'est l'absence de distinction des neumes et de divisions, ou indications quelconques, dans des séries de notes juxtaposées d'une façon bizarre. Tandis que le chant grégorien n'offre guère que des groupes de 4 ou 5 notes, et encore avec subdivision, les éditions modernes, comme on l'a constaté, ont enfilé les notes et enchevêtré les neumes sans aucune distinction. Dans les éditions où la notation carrée est à peu près uniquement employée (comme celle de Rennes) le chantre est constamment dans l'embarras, s'il veut rhythmer sa phrase, par suite de cette absence de divisions et d'indications ; aussi n'a-t-il cure du rhythme. Dans celles au contraire qui usent (même en dehors des cas de pénultième brève) des ■ et des ♦ , en leur attribuant des valeurs temporaires différentes, (comme Reims et Cambrai, l'édition médicéenne) l'emploi irrationnel et peu uniforme de ces valeurs n'est pas une source de médiocres difficultés. Malgré les illusions et la bonne volonté, on peut affirmer qu'on n'a jamais pu composer une phrase rhythmique.

J'entre maintenant dans l'examen détaillé des cas énumérés plus haut.

§ II. Cas où le plain-chant moderne reproduit toutes les notes du texte primitif .

= Nous rencontrons d'abord les chants syllabiques ou quasi-syllabiques (Antiennes, Hymnes, certains Introïts et quelques Communions).

Prenons un exemple !

De frûc-tu ven-tris tu - i po-nam su-per se-dem tu-am.

Il est facile de rhythmer cette Antienne, le texte étant

Rhythme du chant grégorien.

intégral ou à peu près, les paroles guident le chantre; on n'a qu'à lier les notes groupées sur une même syllabe, à observer les divisions et à placer les arsis et les thesis suivant les règles énoncées plus haut. On ne tiendra aucun compte des notes ■ ou ♦ , en les assimilant pour la valeur temporaire aux autres notes.

La plus grande difficulté se présente, quand apparaissent les remaniements faits sur les pénultièmes brèves.

Voici une finale bien coulante.

De thâ - la- mo su - o.

Une leçon moderne donne.

de tha

la-mo su- o.

C'est embarrassé, peu mélodique et peu facile à arranger. D'abord il faut supprimer ces valeurs de longues et de brèves qui saccadent le rhythme.

Ensuite la pénultième de thalamo ne pouvant dans un chant syllabique que rentrer dans un mouvement rhythmique précédemment lancé, cela fait 5 notes (à partir du premier sol). Il faut une subdivision. Où la faire? Point d'indications, et les essais divers ne donnent guère de bons résultats. Le moins mal serait peut-être de chanter :

de tha - la -mo su

On supprime une note et on subdivise le groupe de : tha. Le rhythme est sans doute peu élégant. Toute-

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