‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 14 sur 190 · Chapitre premier. — Première partie · texte numérisé non relu

Chapitre premier. — Première partie

moyen terme, qui consiste à faire entendre une impulsion du son, mais légère et comme incomplète, parce que la glotte ne se ferme pas entièrement dans le mouvement du gosier, d'où vient que le courant d'air et l'émission du son ne sont pas interrompus ; la voix reste soutenue. Sur les instruments à archet on use souvent de cette reprise douce ou sostenuto. C'est avec cette impulsion liée que l'on fait entendre naturellement et sans effort les notes finales et celles qui dans les neumes forment des points de subdivision, comme on l'expliquera plus tard. Les autres notes d'un neume sont liées absolument. Si cette digression est longue, elle est utile: je reprends donc l'étude des rhythmes.

Rhythmes de 3 notes. E:

Sûsci-pe. In te-gra. Ddmine. Vfrginum. Hd-di-e. ânge-los.

Ces rhythmes ont deux notes à Xàrsis ; la thesis coïncide avec la dernière syllabe et la note qui l'accompagne.

Uarsis, comprenant 2 notes, a donc plus de durée que dans les rhythmes où elle n'a qu'une note, et la courbe dessinée par la main aura plus d'ampleur. Le mouvement est à peu près le même que dans l'exercice précédent; soit 112 pour chaque note. On peut encore, si l'on veut, mettre le balancier au n° 53, et alors les 2 coups marqueront, non plus chaque note, mais les points extrêmes du rhythme, Yarszs et la thesis ; de sorte qu'il faudra partir de l'une et arriver à l'autre avec les deux coups du balancier. Cette manière aboutit au même résultat ; pewt-être même semble-t-elle moins se rapprocher de l'exécution martelée. Au reste, je ne puis trop l'observer, le métronome ne sert ici qu'à donner l'idée du mouvement général, mais il ne faut pas s'y assujettir d'un bout à l'autre de l'exercice.

Rhythme du chant grégorien.

Dans l'exercice suivant

fit

mêmes observations que pour le précédent dont il n'est que la répétition en vocalises. Le legato des sons compris dans Yarsis doit être absolu. La voix tombe naturellement sostemdo sur la thesis. On y évitera ces attaques fortes et ces émissions prolongées et vibrantes que chérissent tant pour les finales les chantres de mauvais goût.

Les exemples de chant neumé qui suivent :

vd - cem = me - am

ter

ne sont pas autre chose qu'une variante des précédents. Ils n'offrent que des rhythmes simples de 3 notes répartis sur des mots de 2 syllabes. La finale du mot tombe avec la dernière note du rhythme. L'auteur pouvait choisir d'autres combinaisons dans la texture de sa phrase, mais ce qu'il a fait et choisi est correct.

Rhythme de quatre notes. — Ex. :

-NJ-

tû - o

dfsci - te = F<5r-tfs

Ffli

= nos- ter.

Uarsis embrasse 3 notes, et l'ampleur, comme aussi la durée du mouvement sont en proportion. Même indication métronimique, pour chaque note; soit: 1 12. Si l'on marque seulement les deux points extrêmes du rhythme, en allant de Yarsis à la thesis avec 2 coups de balancier, ou 2 oscillations, on prendra 44 environ. Il est superflu de répéter les observations relatives au /iéâes notes du neume.

Voici des neumes vocalises offrant des rhythmes de 4 notes.

Cet exercice, analogue au précédent, n'a pas besoin d'explications.

Pour plus de clarté, j'ai commencé l'exposition des rhythmes par ceux de deux notes, où Yarsis et la thesis ont chacune leur note ; mais il y a des notes isolées qui peuvent donner un rhythme complet, comme il y a des monosyllabes qui ont l'accent circonflexe. Cet accent en effet réunit l'aigu et le grave ; et depuis que l'accent, de ionique qu'il était, est devenu intensif, le circonflexe revient à une attaque forte qui fléchit ensuite. C'est l'arsis et la thesis, le temps fort et le temps faible. En français, nous pratiquons cela sur certaines interjections, par ex.: Ah ! qui pourrait comprendre... etc. Voici des ex. de chant syllabique ou neumé :

tA

Mc5rs et vi-ta duello. =

Ces mots et ces notes (ce sont toujours des virga isolées), seront attaqués avec un certain accent en laissant immédiatement fléchir l'intensité de la voix, comme s'il y avait <> ; pourvu toutefois qu'on évite une exagération ridicule par des nuances trop marquées, et surtout qu'on n'attaque pas la note en dessous avec un port de voix détestable. Ce qu'on fait dans une bonne déclamation, quand on s'exclame avec des interjections, est un vrai modèle. Ici encore, il faut chanter comme on parle, c'est-à-dire avec beaucoup de naturel. Les mots et les notes de cette nature ont une certaine ampleur ; mais on se gardera bien de trop allonger leur durée. Les deux temps du rhythme ici

12 Rhythme du chant grégorien.

se, marquent donc assez rapidement, pour ne pas prolonger cette durée au delà de ce que valent les notes ordinaires, ou deux notes renfermées dans une arsù. Après ces mots et ces notes, il ne faut pas respirer, mais les lier à ce qui suit. Ce dernier point est important pour ne pas hacher la phrase mélodique.

§11. Rhythme s composés.

Les rhythmes composés sont ceux qui offrent une subdivision du mouvement rhythmique. Cette subdivision est naturelle, si elle repose sur la constitution du mot ou du neume ; elle est artificielle, quand elle y est faite de par la volonté de l'exécutant pour certains motifs que j'expliquerai.

Les rhythmes composés et subdivisés d'après la nature des mots ou des neumes sont les rhythmes avec anacrouses, les rhythmes des neumes adjoints et ceux des neumes conjoints.

Rhythmes avec anacrouse.

En rhythme, une anacrouse est une valeur ou temps qui précède Y arsù. Voici des exemples dans le chant syllabique.

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