‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 141 sur 190 · AL · texte numérisé non relu

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Bien que l'accompagnement B reproduise le chant, il n'en est pas plus facile. C'est une harmonisation à contretemps, et je ne voudrais pas me charger de diriger l'exécution d'un morceau ainsi accompagné. Autant l'accompagnement A la facilite par la parfaite concordance de ses mouvements avec ceux du rhythme, autant l'ex. B la rendrait laborieuse et presque impraticable. Choristes, orga-

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nistes et directeurs auraient un sentiment indéfinissable de malaise et de heurt, causé par l'absence de correspondance entre les mouvements du rhythme et ceux de l'harmonie.

Il y a donc nécessité de baser son harmonie sur le rhythme. Quel musicien s'aviserait d'harmoniser un chant sans tenir compte des temps faibles, non plus que des cadences ? Ce n'est que depuis quelques années seulement que cette idée, cependant bien élémentaire, a pu se faire jour. M. Van Damme l'a exposée dans plusieurs articles de sa Revue : Musica Sacra de Belgique, en même temps que je publiais la brochure dont j'ai déjà parlé, afin d'établir ce même principe. Le seul fait que cette idée, bien élémentaire, semblait alors (et parfois encore aujourd'hui) une nouveauté, prouve que jusqu'alors on n'avait guère l'idée d'un rhythme dans le plain-chant ; ou que, si l'on en parlait beaucoup, on ne pouvait guère au juste dire ce que c'était : puisque les assertions vagues en cette matière ne paraissaient pas susceptibles d'être précisées, au point d'en tirer des règles claires et fixes pour l'harmonisation. Ceci prouve encore en quel état de décadence est tombé notre plain-chant moderne, devenu un chant sans rhvthme !

Toutefois, il ne suffisait pas d'admettre ce principe général et fondamental : que l'harmonie doit se baser sur le rhythme. Il fallait aussi connaître ce rhythme, et fixer par des règles précises la place des temps forts et des temps faibles. Voilà ce qui n'a pas été jusqu'ici suffisamment enseigné. La conséquence inévitable est que tous les travaux d'harmonisation faits jusqu'à présent sont défectueux ; et si intéressants, si exacts qu'ils soient au point de vue de la tonalité, ils n'ont pas une base rationnelle au moins complète. Ni le talent, ni la science harmonique n'ont manqué à plusieurs musiciens illustres qui se sont essayés à ce genre de travail; et pourtant, il faut regretter que leurs œuvres soient sujettes à des critiques fondées ;

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