‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 172 sur 190 · TT^-Q · texte numérisé non relu

TT^-Q

rr?

<Ur.

èsf^

cel- sis.

ri*~°d'j

p ET

T^tM-

Malgré mon estime pour les grands organistes et musiciens allemands, je ne puis me persuader que ce travail d'un maître de chapelle, si estimé pourtant, soit un modèle de clarté d'abord, et de bon effet rhythmique ensuite.

En regardant l'ensemble de cette partition, on ne voit guère trace de rhythme ; on voit bien çà et là des longues et des brèves ; l'auteur s'applique à user de notes de passage, les syllabes groupent les notes ; l'édition dont se sert l'auteur indique bien aussi des longues et des brèves (si

282 Rhythme du chant grégorien.

on interprète en ce sens les n et les ♦ ) ; mais le rhythme ne se dégage pas de tout cela. L'auteur accompagne le texte mélodique d'une harmonie étrange et quasi contradictoire. Sans doute, une partie de ces erreurs retombe sur le texte de l'édition, qui guide ou égare l'organiste ; mais la disposition de l'accompagnement en lui-même indique combien l'auteur est allé à tâtons.

Ainsi je ne relèverai qu'une fois pour toutes, ces traductions des notes ■ par des rondes, ou notes de valeur plus longue, qui arrêtent le rhythme avant de passer à une syllabe d'un mot ; elles transforment en note forte une note placée à la partie faible du temps et essentiellement de passage. Cela se représente sur no mine, sur la fin de in excelsis. L'harmonie accuse davantage encore cette prolongation. Voilà ce qui est imputable au texte de l'édition. Mais voyez qui venit ; au premier coup-d'œil, on prend le si** du mot venit pour note de passage, comme il l'est sur qui ; mais voilà qu'un accord parfait à grands mouvements d'intervalles l'accentue, et forme dans ce neume une étrange subdivision. La cadence se termine sur le la qui suit, et la dernière syllabe arrive ensuite sans accord pour marquer sa thesis rhythmique, qui ne concorde plus avec celle de l'harmonie.

Quel accompagnement lourd sur le torculus de la dernière syllabe de nomine, où la note du milieu est évidemment une broderie de Xut ! Je me permettrai aussi de trouver faible la cadence harmonique de Domini. Faible aussi l'harmonie du ier neume de Hosanna, où toutes les parties changent déposition en courant sur le même accord, sans aucune indication de la thesis, tandis que le neume suivant a ses 4 notes solidement appuyées sur 4 accords, on ne sait pourquoi.

Sur la seconde syllabe de : Hosanna, le ré, qui est une légère anticipation mélodique, reçoit un accord parfait en pleine figure, et qui lui arrive, on ne sait trop comment, après un accord du 6tc dont la basse est à la distance d'une

Page 1