‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 28 sur 190 · Chapitre premier. — Première partie · texte numérisé non relu

Chapitre premier. — Première partie

un excellent point de vue pour apprécier le chant grégorien restauré et sa différence d'avec le plain-chant moderne.

VI. — Un temps rhytkmique, ou sa subdivision, ri a jamais plus de j notes; et avec quatre, il y a subdivision. C'est ce qu'on a pu observer; et nous avons eu occasion de constater cette loi avec plusieurs de ses applications. Il se présente cependant une exception. En musique, on a les triolets, où 3 notes n'occupent que la durée normale de deux. Il est encore plus facile, dans le rhythme oratoire, de passer un peu plus vite sur quelques syllabes de manière à ne pas retarder la cadence rhythmique au delà du moment que désire l'oreille. Ainsi, dans le rhythme libre du chant grégorien, on trouve 3 notes ne comptant que pour deux. Ex.:

L^Jk

l^iv

2lD!

médita - tio plenitu - dinem na-tus est om - nés

Ces exemples offrent les cas principaux où se trouve cette exception. Ce sont des passages, où la mélodie est coulante et facilite une certaine légèreté d'exécution. Ainsi, sur inédit atio, Xarsis du dernier rhythme comprend 4 notes, car la thesis ne peut tomber sur la syllabe : ti, mais seulement sur la finale. Une subdivision faisant Yut anacrouse et le si arsis, semble moins naturelle que l'application de cette exception ; car la voix coule aisément sur cette série descendante et par degrés conjoints. — Mêmes réflexions, au sujet des deux cas que présentent plenitudinem et natus est. Dans ce dernier ex., le verbe s'unit trop intimement au participe pour ne pas les considérer comme ne faisant qu'un tout. Enfin sur : omnes, il ne devrait y avoir, d'après ce que j'ai dit (16), après la thesis d'un temps, qu'une arsis de 2 notes ; mais l'exécution du strophicus laisse une certaine latitude ; de telle sorte que ses 3 notes n'occupent guère que la durée de deux.

40 Rhythme du chant grégorien.

ARTICLE III. — Neumes d'ornement.

On appelle ?ieîc?iies cT ornement des neumes qui s'exécutaient avec une petite fioriture ou ornement, telles que le vibrato, l'appoggiature, etc. L'étude de ces neumes est une partie fort délicate. Avant tout, il faut se rendre compte du but que l'on poursuit. Il ne saurait être question de les rétablir tous absolument dans l'exécution. Bien qu'ils soient naturels et même simples, comme nous le verrons, je crois qu'en leur qualité d'ornements du chant, on peut leur appliquer dans une certaine mesure ce que Méreaux, Marmontel et autres, ont enseigné des ornements dans la musique de clavecin. Leur restauration absolue n'est pas nécessaire à la substance de la phrase, ni même à son caractère esthétique; peut-être même (ceci ne regarde que quelques-uns d'entre eux) serait-elle déplacée et nuisible. J'en verrais une raison grave ; c'est que ces ornements peuvent en eux-mêmes être d'une exécution facile, plus facile même que le trille, le tremblé et autres fioritures de la musique ancienne, mais rester pour beaucoup de chantres, d'ailleurs habiles, une difficulté relative. Plus encore leur exécution peut-elle devenir un embarras sérieux pour une masse chorale. Or une mauvaise exécution les rendrait insupportables.

Alors vous les supprimez? — Ah! c'est ici le nœud de la question. Supprimer quoi ? Le neume orné lui-même ? C'est impossible, car il fait partie intégrante de la phrase. — Est-ce l'ornement ? Mais que deviendra le neume sans l'ornement ? Que doit-il rester, ou qu'est-il radicalement, sîirtout me point de vue rhythmique ? Car si utile et si intéressant qu'il soit de rechercher les intervalles dont se composent ces neumes, il est bien plus utile de connaître leur caractère rhythmique. Il importe peu en somme que dans tel ornement on fasse entendre une petite note d'agrément au-dessus, au lieu d'une au-dessous; qu'on mette deux notes au lieu de 3 dans une fioriture. On peut

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