‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 38 sur 190 · Chapitre premier. — Première partie · texte numérisé non relu

Chapitre premier. — Première partie

accusaient davantage par un demi-ton plus franc, lequel passait alors naturellement dans la notation.

En pratique : i° il faut avant tout éviter de faire entendre une simple note double qui, dans les cas cités plus haut, serait une thesis scindant les syllabes d'un même mot. Mieux vaudrait alors, au risque d'écourter un peu le rhythme, ne faire entendre qu'une note et supprimer la seconde. Il serait encore préférable, dût-on donner le demi-ton franc, de chanter comme les manuscrits l'indiquent souvent. Mais, si l'on peut, il faut amener les chanteurs à diminuer autant que possible ce demi-ton ; ceci est d'autant plus aisé que la note qui doit fléchir est thesis et ne doit pas être appuyée, mais légèrement émise. Voici du reste le rhythme de ces passages, où la thesis est si rapprochée de Xarsis suivante, et X apostropha si unie au neume que cela paraît être une simple subdivision et donne lieu à une équivalence : Ex :

équivalence

>Rr-

su - a m

no - bis

is - te

Quand X apostropha est finale, la thesis est placée sur la dernière note. L'ex. suivant offre des apostropha sans thesis et le dernier avec thesis :

c'est-à-dire

JSgL 3 JV8

cele - brântes

celé

bràntes

§ V. De Voriscus.

YJoriscus ressemble à X apostropha, mais il est placé entre 2 neumes vocalises, tandis que X apostropha unit des syllabes.

Rhythme du chant grégorien.

fc^=*

«HMh

La virgule allongée qui le caractérise dans la notation neumatique indique une liaison. Sur un instrument à archet , en glissant pour relier les 2 neumes on obtiendrait sans doute l'exécution parfaite de cet ornement. En pratique on peut très bien faire une tenue même de thesis sur cette double note, pourvu qu'on ne sépare pas les deux neumes même par une simple respiration. Une liaison légère, faite avec goût, qui ne serait pas une traînée de la voix maladroite et insupportable, peut être étudiée avec avantage.

§ VI. Dti près sus.

La notation neumatique marque ainsi le près sus A1 .

C'est un son appuyé et battu aboutissant à une finale douce, à l'instar des cadences de l'ancienne musique. Depuis longtemps on le rend par une note double ; et, si l'on veut, on peut en orner l'exécution d'un léger > ou diminuendo. Ex :

JUS

Par équivalence, la notation guidonienne note souvent le pressus en neumes adjoints :

equiv.

iiS=î

ae - ter

la

pi - dem

Ces derniers fragments offrent un nouvel exemple du cas que j'ai signalé pour le çuilisma, à savoir : que l'im-

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