‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 41 sur 190 · C 8,,AU · texte numérisé non relu

C 8,,AU

e - jus

Les neumes sont les mots de la phrase musicale ; leurs notes sont groupées dans l'unité du rhythme par Yarsis, comme les syllabes le sont par l'accent. La thesis, fin de rhythme, tombe avec la note finale du neume. Cette thesis n'a cependant qu'une petite valeur, parce qu'il ne s'agit ici que d'une cadence très petite pour distinguer les mots.

Dans la notation guidonienne, qui est celle du Liber Gradualis, on reconnaît qu'il n'y a que cette thesis de valeur minime quand les neumes se touchent presque ; qu'il n'y a pas de place pour intercaler même une note, comme on le voit dans les exemples ci-dessus, aux endroits marqués d'une croix.

Dans cet examen des espaces laissés entre les neumes, je signale dès maintenant quelques faits, qui pourraient tromper le lecteur. Pour les mélodies avec paroles, les nécessités de la typographie exigent souvent, en disposant les paroles sous les notes, qu'on laisse du blanc entre les neumes ou les notes. Ces espaces n'indiquent pas des coupes de la phrase, comme le montre le texte sur lequel il faut se guider. Ex. :

fciH:

dscénsum tu - um Videns D6minus.

Dans le chant disposé sur un texte, c'est ce texte qu'il faut consulter ; et on ne regarde au blanc que dans le

chant vocalisé, c'est-à-dire, offrant sur une même syllabe une note et un neume (Ex. i ci-dessous) ou 2 ou plusieurs neumes (ex. 2 et 3).

rzs

vocalisé

îcalis

1 po-su- i

sti 2 é-jus

al

Mais là encore, il faut prendre garde à la hauteur verticale, surtout entre neumes procédant par degrés disjoints ; souvent on est tenté, au moins dans les premiers temps, de croire à un espace plus grand que celui qui existe réellement.

Il y a des observations très importantes à faire sur ces thesis de valeur minime.

Le rhythme libre du chant grégorien, ou le rhythme oratoire du discours ne permettent pas de préciser ce que la musique mesurée elle-même laisse à l'interprétation de l'exécutant. Que de choses échappent à toute indication ! Vouloir tout noter, tout indiquer, serait faire un grimoire indéchiffrable, compliquer les choses les plus simples, gêner les exécutants et aboutir, en fin de compte, à une exécution guindée ou ridicule par l'exagération des nuances. Ceci ne s'applique mieux à aucun autre point de la théorie qu'à celui dont nous nous entretenons. Ce que l'on peut dire de plus juste, je le répète, c'est que ces thesis, qui ne servent qu'à distinguer les mots, sont un simple point d'appui touché en passant, sans arrêt sensible du mouvement. Ainsi fait le pied quand il se pose dans la marche. Ce que l'on peut dire encore, c'est que ce qui fait cette thesis, c'est plutôt la chute du mouvement rhythmique que la durée de la pose.

Mais il arrive parfois que dans le mouvement général de la phrase, cette thesis s'atténue au point de paraître supprimée. Cette équivalence est à noter. Elle se produit

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