Chapitre premier. — Deuxième partie
Dans le début de l'antienne : Cum complerentur, la cadence est placée à ces coupes artificielles et quasi-métriques usitées clans les antiennes et que le sens des paroles ne règle pas toujours absolument.
Il arrive souvent que le chœur peut respirer avec ensemble à cette cadence. La valeur de la note qui précède cet espace blanc et termine le membre de phrase est estimée environ triple, ou de 3 notes, pourvu qu'on veuille bien éviter, ici comme ailleurs, d'exagérer cette durée ; mais on peut être plus large pour le silence des fins de phrases, qui doit être au moins de trois temps.
En bien des cas, et même généralement, il faut se guider plutôt sur le sens musical que sur la mesure mathématique de ces espaces. Outre que l'œil peut être embarrassé, l'esprit peut hésiter aussi. Qui ne s'est demandé souvent s'il doit mettre une virgule ou un point et virgule. Il y a dans la ponctuation grammaticale et musicale une certaine latitude laissée au lecteur comme à l'exécutant ; et parfois on peut substituer sans inconvénient une thesis de 2 temps à une de 3 temps et réciproquement. Cette substitution peut trouver place surtout dans les passages vocalises, quand il n'y a pas de barre totale (traversant les 4 lignes), mais simplement une barre partielle ou un espace blanc de deux notes. Néanmoins la notation reste toujours un guide, sinon absolu, du moins précieux, pour le chanteur qui n'a pas une science assez étendue et un goût musical suffisamment développé.
Les ihesis féminines de cette catégorie sont un peu plus ralenties dans l'exécution, et ce sont elles qui se transforment, comme nous l'avons vu (29), en thesis masculines.
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autquo va - dat al-le-lu-ia. Ma -ri - a; et macula
68 Rhythme du chant grégorien.
ARTICLE II. — Des équivalences rhythmiques.
En rhythme, comme en mathématiques, en mécanique, etc. il y a des équivalences. Quand deux manières de rhythmer un neume ou une série de neumes produisent des effets d'exécution identiques ou peu sensiblement différents, il y a dans ce cas équivalence. Ces équivalences rhythmiques ont donné naissance à des variantes de notation qu'il serait curieux d'étudier, surtout parce qu'elles ont bien souvent servi de thème pour crier à la divergence des manuscrits, alors qu'on se trouvait en présence de variantes orthographiques traduisant, chacune à sa manière, un même effet d'exécution. Si intéressante que soit cette étude, elle nous mènerait trop loin, et nous devons rentrer dans les bornes de la pratique ; et même en cette matière, encore plus qu'ailleurs, je me restreindrai à quelques observations générales, de peur que par la multiplicité des détails la confusion ne se fasse dans l'esprit des lecteurs. La pratique apprend mieux et plus clairement une langue ; et vouloir formuler tous les détails en règles précises, c'est compliquer et embrouiller les notions les plus simples, au lieu de guider l'esprit.
Des exercices pratiques valent mieux qu'une grosse grammaire ; aussi renverrai-je à ceux qui terminent ce volume pour montrer dans l'application des principes généraux une foule de détails que je ne puis ici réduire en règles.
Un premier fait que je signale est celui-ci : Quand une note est accentîtée dune façon prédominante à cause de sa durée ou de son inteîisité, son accent (ou arsis) efface un peu celui qui précède. Voici quelques applications et conséquences de ce fait dont plusieurs ont été déjà observées, mais qui se retrouvent ici rattachées à leur principe, et exposées moins sommairement.
Nous avons parfois rhythme les neumes adjoints selon