‹ Rhythme, exécution et accompagnement du chant grégorienChapitre 63 sur 190 · Chapitre deuxième · texte numérisé non relu

Chapitre deuxième

§111. Proportions dans les patises ou cadences.

Les pauses ou cadences qui divisent la phrase musicale doivent être proportionnées. C'est une loi de composition littéraire aussi bien que musicale. Le lecteur qui fait des pauses où il n'en faut pas, qui en fait de trop grandes ou d'insuffisantes, lit mal et s'expose à fausser le sens dune phrase ou à la rendre inintelligible. Tous les traités et toutes les méthodes de plain-chant, depuis l'apparition des Mélodies grégoriennes, ont insisté davantage sur ce point et l'ont traité avec les développements voulus. Je rappelle ici ce genre de proportion pour compléter l'énumération de celles-ci ; mais il me semble inutile de répéter un enseignement qui se trouve partout, qui est par lui-même très clair, et n'a besoin que d'être expliqué, sans qu'on puisse soulever d'objections. Comme, en pratique, il suffit d'observer les recommandations, faites dans le chap. précédent (n° 40 et suiv.), j'y renvoie le lecteur et préfère insister sur des points moins éclaircis dans les traités de plain-chant.

^ IV. Proportions dans le dessin mélodique.

Nous touchons ici à la conduite de la mélodie, à la composition musicale. Le dessin mélodique ! Qui en a soupçonné l'existence, ou qui l'a trouvé dans nos Graduels, Offertoires, etc. du plain-chant actuel ? Mais quand on analyse une pièce de chant grégorien, telle qu'elle a été composée, avant d'être décomposée, on remarque, selon le mot de Gui d'Arezzo, que les neumes répondent aux neumes. Ces neumes dessinent des mouvements semblables ou contraires; il y a des progressions ascendantes ou descendantes, des répétitions, des antécédents et des conséquents, etc. L'exécution artistique peut tirer de cette analyse d'utiles indications. Le musicien se trouve ici sur un terrain commun à l'art ancien et à l'art moderne ; et

Rhythme du chant grégorien. 7

Rhythme du chant grégorien.

même celui-ci pourrait en ce point beaucoup apprendre de celui-là. Voici quelques exemples entre mille.

Imitation en ordre inverse

semblable

imitation en sens contr.

êssjc

symétriques

dessin symétrique ~A^ /^~\^^ f~\r-^

3 qui fûe- rat quatriduâ-nus 4

répétition

»a a. a i\i u-.*Ji-fft

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antécédent conséquent progression

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ascendante

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Nous voici à la fin de cette théorie du rhythme ; et je pense qu'il est facile d'en déduire la définition du rhythme. Cette analyse nous a montré que le rhythme consistait en une succession de mouvements bien proportionnés, qui divisent ou distinguent la suite des sons. Qu'en conclure sinon que le rhythme est « la proportion dans la division des sons par le mouvement »? Cette définition s'applique spécialement à l'art musical ; en ôtant les mots: « des sons » on a une définition générale du rhythme qui existe dans tous les arts fondés sur le temps et le mouvement, comme la poésie et la danse. Pour l'appliquer spécialement à ces arts, on devra mettre à la place de « divisions des sons »,

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