Chapitre troisième
blée.d'airs détestables, toujours sous prétexte qu'ils sont populaires. Pourquoi sont-ils populaires ? parce qu'on les a serinés partout ! Si on en faisait autant pour d'autres airs, ceux-ci deviendraient également populaires. Qu'on fasse de la musique populaire : soit ; mais depuis quand ce mot est-il synonyme de trivialité, de mauvais goût et d'inconvenance, surtout à l'église ? Oui ne connaît cet air ?
A - ve ma-ris stél - la.
Voilà un air peu soucieux du rhythme poétique, tonique ou métrique ! En revanche, il se prête admirablement aux coups de voix, qui accompagnent souvent son exécution, et surtout il coupe les mots avec une intelligence rare. Ex. :
Quipro - nobisnatus = Gabri - elisore = Noscul - pissolutos = Spiri - tin Sancto, etc.
4° Ut queant lâxis | resonare fîbris Mira gestôrum | famuli tuôrum Solve pollûti | labii reâtum Sâncte Joânnes.
Il y a une coupe au milieu des 3 premiers temps.
5 Sanctorûm meritis | înclyta gàudia
ou sur la 4? syllabe :
Sanctorûm méritis j Pangamûs socii | géstaque fôrtia Gliscensfértanimus [ prômerecântibus Victorûm genus optimum.
6 Stabat Mater dolorôsa
Juxta crûcem lacrymôsa Dûm pendebat Fîlius.
Rhvthme du chant zréîorien 10
146 Rhythme du chant grégorien.
7° O quam glorîfica | luce corûscas Stirpis Davidicae | regia proies Sublimis résidens | Virgo Maria Supra cœlîgenas | astheris omnes.
Dans tous les vers où se présente une coupe ou césure intérieure, on peut respirer ; mais moins le silence sera long, mieux l'unité du vers ressortira. En bien des cas, je le supprimerais.
Quant aux hymnes neumées, on les chante selon les règles ordinaires des mélodies de ce genre.
Il y a quelques hymnes qu'on a la coutume de mesurer, telles que : Creator aime siderum, Ut queant Iaxis, Jesu dulcis memoria. Ce mode d'exécution est fort sujet à discussion ; mieux vaut certainement s'affranchir de la mesure, et je crois que ces mélodies gagneraient à être traitées par la prosodie tonique.
§ III. Proses et Séquences.
, = Elles forment avec la psalmodie et les hymnes la partie la plus populaire et la plus facile du répertoire liturgique. Il est à souhaiter que dans les saluts et autres circonstances on leur fasse une plus large place, autant qu'on peut y être autorisé. Elles y remplaceront avantageusement bien des morceaux de mauvaise musique.
Parmi les pièces de ce genre, les unes sont ordinairement, bien qu'à tort, mesurées dans le chant ; comme le Veni Sancte Spiritus ; d'autres sont un libre récitatif, comme le Victimes; d'autres enfin sont rhythmées toniquement.
Pour diriger ces dernières il faut veiller à l'accent métrique, et se défier d'une apparente facilité à les réduire en mesure, parce que la mesure ne rend pas leur rhythme. Prenons, par exemple, cette charmante séquence de la fête de saint Martin, bien qu'elle soit d'un genre plus moderne que d'autres.