Chapitre troisième
principal, qui est le dernier, est toujours mis en évidence; l'accent premier y est plus effacé, bien que sa place y soit ménagée. Quant aux longues et aux brèves de la métrique, que voulez-vous en faire ?
Prenez encore le Pange lingua ; vous dites que c'est trochaïque. Mettez-y une mélodie quelconque ; celle qui est usitée d'ordinaire est quasi syllabique. Ce sont les mélodies qui en effet peuvent entrer plus aisément dans les mètres antiques.
Pan-ge lin-gua glo-ri - 6- si Côr-po-ris mys-té-ri - uni Sangui-nis-que pre-ti-ô - si
rai/ poco
Tl
Quém in mun-di pré- ti- uni Fruc-tus vén-tris ge-ne- rô - si Rex ef-fu-dit gén-ti-um
Chantez cela, en prenant pour chaque note un battement du métronome à 72 environ. Puis, cette indication générale donnée, phrasez bien surtout les cadences. Est-ce assez clair ? Rhythme tonique et mélodie ne font-ils pas qu'un ? Essayez maintenant du trochée métrique ; vous n'irez pas plus loin que : lingua ; et, à partir de ce point, les difficultés se multiplient et deviennent des impossibilités.
Regardez enfin X Ave Maris stella. Dans cette pièce la place de l'accent final de chaque vers est soigneusement ménagée par la mélodie ; mais pour les pieds métriques, il serait impossible d'en observer les durées ; cependant chaque vers peut être considéré comme trochaïque tonique.
Il est temps d'en venir à la pratique.
Ce à quoi il faut veiller en principe, c'est donc à l'observation de l'accent métrique des hymnes. 11 serait utile de publier, en addition aux psaumes accentués, la collée-
144 Rhythme du chant grégorien.
tion des hymnes usitées, d'y marquer l'accent métrique, bien en relief et dégagé de toute autre indication.
Grâce à cela, l'exécution convenable des hymnes serait promptement obtenue ; ce que les uns apprendraient par quelques exercices fort courts, les autres le feraient par l'audition.
Voici une liste des principaux genres d'hymnes, avec indication des accents métriques :
i° Deûs tuorum mflitum }
Sors et corona prâemium )
Laudes canentes mârtyris Absolve nexu criminis
Les vers se groupent deux à deux ; la cadence avec repos étant à la fin du 2e et du 4e, on ne marque qu'une respiration à la fin du Ier ou du 3e, ou un petit repos, quand il y a des neumes. L'accent métrique de la fin des vers est le principal. Chaque vers se dit d'un seul trait.
2° Fange lingua gloriôsi j Côrporis mystérium
Sanguinisque pretiôsi | Quém in mundi prétium Fructus véntris generôsi | Réx effudit géntium.
Il y a une coupe au milieu qui fait une sorte de demi-cadence ; puis on y place une respiration ou petit repos, la cadence et le repos complet étant réservés à la fin du vers.
3U Ave Maris Stella
Dei Mater aima Atque semper Virgo Félix cœli porta.
L'accent à la fin de chaque vers doit dominer ; aussi n'ai-je marqué que celui-là; cependant on peut tenir compte des autres accents secondaires ainsi placés
ave rruiris stélla, etc.
De toutes les hymnes, celle-ci a le privilège d'être affu-