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Les noms des deux accents principaux : gravie et acutm, en gr. ^peia et o^eia, également empruntés à la musique, ne sont pas moins expressifs. Un auteur ancien , peu connu du reste , se servit des termes œjuiism et imxizxidvTé (relâché et tendu), qui rappellent d'une ma-
(0 Varro apud Serrium, Be Aeeentikut, g fis.
(i) Arcad., p. 187, éd. Barker : Kal toW /»iv XP^^^W voU ^^/nétç t&iauf
(3) Diomèie, t. Il» p. 4t».
nière plus claire encore les cordes de ta lyre, auxquelles le plus souvent ilà sont appliqués (1). Toutefois, la valeur musicale de Taîgu et du grave n^avait rien d'absolu ; elle devait se modifier, se transposer pour ainsi dire, suivant l'organe de chaque individu. Denys d'Halicamasse iixe rintervalle entre Taigu et le grave à peu près à une quinte (2). Mais ce témoignage relatif à Taccent grec n'estpas décisif pour l'accent latin .Ce dernier, semblable à raccent grec, en différait pourtant. Il était plus inflexible, plus uniforme , moins harmonieux, moins musical. Sed aecentns quoque cum rigore quodam tum similitudine ipsa minus suaves habemus quam Grœcu Tel ^tait le ju«gément de Quintilien (3) sur l'accentuation latine ; les expressions en sont vagues , et cependant , rapprochées de certains faits relatifs à l'histoire de la prosodie latine, et dont il sera question dans le prochain chapitre, elles prennent b. nos yeux un sens pliis précis. Noos y croyons trouver un indice que les Latins, tout en conservant à leurs accents un caractère musical, consistant en des notes plus aiguës et plus graves, appuyaient quelque peu sur la syllabe aiguë. Leur accent se serait déjà acheminé insensiblement et faiblement vers l'accent moderne.
Le point saillant de l'accentuation ancienne est celui-ci: jamais l'accent aigu n'allonge ou ne renforce la syllabe sur laquelle il se pose ; tout au contraire , il a une tendance à l'abréger. On n'accordait à l'aigu que la durée <f un temps simple. « Âcuta tenuior est quam gravis, et brevis adeo, ut non longius quam per unam syllabam,. quin imo per unum tempus protrahatur. » Ces mots im-
(i) Gltneiti de Samos chez Varro, apod Servium, J>€ AeeenUbut, 8 **• (i) Be Compotit. verb,, c. XI.
(3) L. XII, cap. t3.
portants sont de Varron (i). En effet» ajoute-t-iU un son aigu passe vite » un son grave reste plus longtemps dans l'oreille. Les cordes d'une lyre rendent un son d'autant plus aigu qu'elles sont plus minces et raccourcies par une plus forte tension, etc.
Il ne reste plus qu'une question à vider. Les accents se conservaient-ils même en musique ? Évidemment non : car, comme leur caractère était musical , ils auraient jeté une profonde confusion dans la mélopée qui accompagnait les mots. D'ailleurs nous avons ici le témoignage positif de Denys d'Halicarnasse (2). Il faut subordonner les tonalités du discours» dit-il, à celles du chant (là^ ^^ei(; 'cou; (liXcaiv), et non réciproquement. Il cite le passage suivant d'Euripide» tiré d'un chœur d'Oreste :
A9ro7rpô6aT\ CtC.
Ici» fait-'il remarquer» les trois mots ciyoc» aya Xevxoy,. sont modulés sur le même ton (If' évo; (fS'oyyov pjû.(ùdîîzau) ». quoique chacun d'entre eux renferme des notes aiguës et graves (taaeiç ^apeiaç )ca( o^ei<x<;). Dans ap6vX>74 la deuxième et la troisième syllabes sont chantées comme si elles étaient également aiguës »' quoiqu'il soit impossible que le même mot ait plus d'un accent aigu (ap^^x^^ov oi/ro; êv ovofta ôuo /«Setv o^e^ac). Denys fait une observation: semblable relativement à nS^erre. Enfin il nous apprend que xTUTîerre ici n'a pas de circonflexe, et qiie dansaTTOTtpoSat' la musique veut que le son aigu descende de la troisième syllabe à la quatrième ou dernière.
(l) Loco citatOf § âS.
(9) De compos. verb.f XI.