PRÉFACE
Les notions de rhythmique grecque, renfermées dans les pages suivantes*, sont présentées dans un ordre qui nous a été imposé par la nature même du sujet, n s'agissait de mettre da la clarté et de la précision dans les données fragmentaires et embrouillées, que les anciens nous ont fait parvenir sur une matière assez difficile par ellemême. Marchant sur un terrain à peu près inconnu, il nous a fallu avancer avec précaution, et ne faire jamais qu'un ^as à la fois. La rigueur d'une pareille méthode est inséparable d'une certaine aridité. Pas plus que dans les mathématiques, il n'y a de route royale pour ceux, qui veulent pénétrer jusqu'au fond de la science des rhythmes. Espérons toutefois, qu'il y aura encore dans notre pays, des esprits curieux des nouveautés de l'érudition classique, prêts à suivre avec intérêt une étude , où les gens superficiels craindraient de ne rencontrer que de l'ennui et du dégoût.
Cette étude s'adresse surtout aux professeurs et à ceux qui aspirent à le devenir. Le maître, qui la possédera en entier, ne sera pas obligé de la faire connaître à ses élèves tout d'aboi*d
jusque dans les moindres détails. Il pourra s'écarter quelquefois de la marche suivie par Tauteiu*, et laisser de côté, par exemple, les chapitres sur la sémasie et les t^mps allongés etc., pour aller droit à ceux qui traitent de Tirrationalité tolérée, des rhythmes mixtes etc. Il pourra revenir plus tard sur ses pas, et exposer les parties moins importantes .de la science nouvelle. Deux ou trois leçons suffiront au besoin, pour mettre l'étudiant à même de comprendre le mécanisme des vers de Pindare, et de juger de la perfection rhythmique de ses odes;
On pensera peut-être que l'auteur, pour rendre les abords de cette théorie nouvelle plus faeiles, aiu'ait dû multiplier davantage les exemples. La vérité est , qu'il a craint de trop allonger son ' œuvre; il a été arrêté aussi par l'embarras du choix. Le programme de la licence couperait court à cet embarras, s'il ne variait pas. On serait disposé néanmoins, si cette publication était bien accueillie, à la faire suivre d'une petite t)rochure supplémentaire contenant les tableaux rhythmiques des principaux chœurs renfermés dans* les pièces d'EscJiyle, de Sophocle, d'Euripide et d'Aristophane désignées par le programme.
Bade -Bade, le 17"'" Septembre 1862.