‹ Rhythmes français et rhythmes latins pour servir d'appendice aux traités deChapitre 28 sur 56 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

^e ne me propose pas de reconstruire dans ces quelques pages le système de la rhythmique des anciens, et bien moins encore d'écrire un manuel de métrique: mon ambition se borne aujourd'hui a signaler aux hellénistes et aux savants français les cas très-nombreux, dans la poésie lyrique surtout, où le rhythme se trouve en conflit ouvert avec le mètre, où la mesure du chant et de la danse, qui accompagnent la parole, semble faire violence à la prosodie établie, où du mouvement trop varié des pieds semble naître une confusion, à laquelle nos philologues se sont vainement eflForcés de porter remède. On a été jusqu'à soutenir, que les vers de Pindare n'étaient que de la prose légèrement rhythmée, qu'il n'y avait pas de mesure régulière dans les chœurs des tragiques, et on n'a pas craint d'affirmer de nos jours, que la quantité prosodique des Grecs et des Latins enseignée dans nos écoles était illusion et pure chimère. Je vais m'efforcer de réduire à leur valeur véritable ces assertions inconsidérées, en dégageant des textes difficiles et embrouillés des anciens , une série de principes et de règles, qui jetteront, j'Qi;e l'espérer, une lumière nouvelle sur cette matière controversée.

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Aux yeux des grammairiens des âges postérieurs , jl existait une différence marquée entre le mètre et le rhythme; le premier, suivant eux, se compose de temps d'une valeur constante, de longues et de brèves, qui se trouvent dans la proportion de 2:1, et de douteuses (ancipites, xoivovg), tandis que le rhythme violente souvent la durée des syllabes (1). C'est surtout dans la p«ésie lyrique, que la prosodie cessait de conserver la fixité qui lui était propre dans les poëmes, composés en dactyles, anapestes, iambes et trochées. Lorsque le rhythme musical venait se joindre à la déclamation, il pouvait y avoir d'après l'avis de ces grammairiens, des longues plus brèves et plus longues que la longue ordinaire, des brèves plus longues et plus brèves que la brève ordinaire. QudLut au fait lui-même, avancé d'un commun accord par tous les métriciens et' musiciens grecs et latins, on ne saurait le mettre en doute. 11 ne s'agit pli^s que de l'expliquer; il s'agit de prouver que cette apparente liberté, dont usaient les anciens poètes, n'était pas arbitraire.

(l) Longin. prolegg. 139, 142 : %ti zoivvv âia(piçsi çvd'ftov to fistgov, 71 zo liihv iiSTQOv nsnrjyotaç ï%Bi xovç xqovovç, fianQov ts îcal pçaxvv yiaï xàv fistà tovtov, tov %oiPOv %alovfi£vov, og nccl avroç ndvzmç ybayitQÔç èaxi Haï fiçaxvç* 6 de çvd'ftoç tog fiovlsrài, ^lusi tovç XQOVOVÇ etc. — Mar. Victor. 2482: Inter melricos et musicos propter spatia temporum, quse syllabis comprehenduntur, non parva dissensîo est. Nam musici non omnes inter se longas aut brèves pari mensura consistere, si quid^m et brevi breviorem et longa longiorem dicant posse syllabam fieri; metrici autem, prout cujusque syllabsé longitudo ac brevitas fueril, ita temporum spatia definiri, neque brevi breviorem aut longa longiorem, quam natura in syllabarum enuntiatione protulit, posse aliquam reperiri. Cp. aussi Dionys. de compos. verb. c. 16.

contenue qu'elle était dans de certaines limites arrêtées par des lois précises ; que la quantité prosodique malgré les changements assez sensibles que la mesure de la danse et de la musique lui faisait subir, maintient ses droits, et reste la base et comme la substance matérielle du vers antique.

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