SCÈNE XI
RICHARD, SCROPP.
senoop, la cotte de mailles à la main. Mon gracieux souverain...
ricuard. Bon ! pose là cette cotte de mailles. SCROOP, s'approchant Voire grâce ne veut-elle pas V essayer 1
richard. Ah ! le beau travail! — et l’épée?
scroop. Nicolas Alvyn met la dernière main aui ciselures... mon gracieux souverain l'aura tintât.
Richard. Quel est l'ouvrier qui a fait ce travail? scroop. C’est moi.
Richard. Tues habile dans Ion art.,, — (Le regardant.) Tu as l’encolure d'un homme de guerre. {En examinant la cotte de mailles.) Cette cotte est-elle solide tu moins ? ou dirait uue pelure d’oignon.
senoop. C'est co qui en fait le mérite. Votre altesse s’y connaît d'ailleurs : c'est léger comme de la toile de Rennes , mais à l'épreuve de la meilleure lame d'Espagne.
RICHARD. Ah!
scroop. Ou:, votre grâce, et même une hache d’armes n’y mordrait pas.
Richard, faisant semblant d’examiner. Th*u serré...
scroop. Pin, souple... à pouvoir être porté par une géant comme par un nain.
Rico «no, à Scroop, après avoir fait signe à deux lammestrapprocher.Jleièuctiiccoiic de mailles.
RICHARb 111.
(Les deux hommes lui aident à l’endosser.) Décidément lu as I apparence d'un homme de guerre.
scroop. Ni - » r gracieus souverain veut rire.
I Richard. Comment te nommes-tu?
| scroop. Scroop.
richard. Eh bien! Seroop, voici un poignard que ton patron m’a fourni... Je gage mon duché d'York contre un noble, que ta cotte de mailles n'y résiste pas... Qu'en dis-tu ?
scroop. Votre altesse perdrait.
Richard. Ainsi, dans ce moment, toi , Scroop , tu te crois à l'abri d’une bonne épée, d'un bon poignard?
scroop. Oui, votre altesse.
richard. A l'abri de la force et de la mort ? scroop Oui, à l'abri de la mort !...
richard, le frappant de son poignard. Eh bien! si tu u'as [ms dit vrai... meurs.
scroop, froidement. Vous avez perdu, milord ! |Pawr.)
riciiard. Quel âge as-tu?
: autour. Trente-trois ans... l'âge de votre altesse.
! richard. Tu ea donc courageui?
senoop. Et pourquoi ne le serais-je pns 1 Richard, l’ar mq jarretière , serais- lu gentil, homme ?
scroop. J'ai vu des gentilshommes trembler.
riciiaud. Tu es hardi ! — J'aime ces caractércs-là.
scroop. Tant mieus, votre altesse, car je vous , ai trompé-
| Richard. Maître Scroop, voilà un mot qui vous coûtera cher. — Cette cotte de mailles ne seraitelle pas celle que j'ai commandée a Worwock?
scroop, retirant sa toile de. mailles. L’apprenti de Womuck est mon ami ; il m'a cédé sa place : j'ai un secret important â vous révéler.
Riait rd. Un secret?
senonp. Oui 1 RICHARD. Voyons.
si noop. Votre seigneurie croit sans doute que le comte de Hichemond accepte l’exil avec pa- ! tierce.
RiriiiRD. Je connais ses intrigues... Après?
scroop. Vous ne 1rs connaisses pas toutes... H négocie une alliance avec la maison d'York?
richard. Je sais cela.
senoop. Il a positivement ju»é d'unir les deui rotes en épousant Elisabeth.
RKTURD. Je sais cela.
scroop. Il a donné procuration à un gentil' homme normand, qui est à cette heure à Londres, pour conclure ce mariage.
Richard, l'n envoyé de Hichemond, dans Londres?
scroop. Oui, milord... ltaoul de Fulke... et il a peut-être franchi, a l’heure qu’il est, l'enceinte de Westminster.
Richard. Parle ciel ! que m'apprcnds-lu là?... J'espère que tu «t de* preuves?
scroop. Irrécusable. Dans une des tavernes de la rité. ce malin, j'avais svi*l au follet un homme qui parlait mal d- votre n t esse. J allais le traîner chez le shérif, mais il s'est enfui, et en sc dé battant, il a laissé tomber ce parchemin. {Il lui remet une lettre.)
Richard, la parcourant. De précieux renseignements, oui... oui... c’est bien cela, ltaoul de Etilkel... {Appelant.) Slanghter, Patrick, Lrtmerej I