RICHARD, RUTLAND
Richard, frappant sur l'épaule de Rulland en riant. Eh bien! je suis veuf, mon bon Kutland. , RUTLAND. Veuf et sauf enfants. Ménélas n'en a pas dit autant.
nicHAHD. Là, vrai, crois-tu qu'un roi puisse être trompé?
RUTLAND. Trompé... Vos femmes meurent si vite, milord.
richard, souriant. Dieu me damne, je le ferai pendre en guise de battant à la grosse cloche de la Tour pour donner l'alarme aux sots.
rutlard. A votre aise, milord, je sonnerai vos funérailles : on vous a prédit que vous mourriez vingt-quatre heures après moi.
richard. Eofia, je suis veuf, mon bon Rut-
land.
rctland. Milord, vous me faites trembler I (La duchesse d'ïork vient d’entrer. Elle te traîne avec peine.)
richard. C'était le seul moyen de nous sauver. la ducuesse, ii part. Richemond u'a de force qu’en s’appuyant sur la fille d'Kdoutrd... Eh bien! enlevons-lui cette force... Portons-lui le dernier coup, en faisant d’Elisabeth l'épouse glorieuse de Richard III. Tu te tais? (Acre l'irritation d'un homme qui n'est pas compris.) Tiens, Rutland, lu es la plus sotte créature que je connaisse: tu tue* pour tuer ; tu as assassiné les lord* River* et Gray pour quelques pièces d’or tombées de mon escarcelle! Eh bienl c'est misérable!
rctland. Si j’avais eu la vertu de résister, vous m’eussiez fait écarteler vif. Enfin , ce* sorte* d'unions sont regardées comme iucéstucuses.
Richard. J'aurai la dispense du pape.
rutland. Mais elle, croyez-vous qu'elle consente jamais?...
kiciiard. A épouser le meurtrier de ses frères?... Tout est possible, Rulland... Lad; Anne a bien été reine d’Angleterre. D'ailleurs, la tombe des frères n'est pu si étroite qu’elle ne puhse contenir un cadavre de plus. (Mouvement d'horreur de la Duchesse.)
rutland, s'inclinant. Vous êtes un grand roi.