SCÈNE PREMIÈRE
HAWKINS, NF.LLY. (Xelly brode' au tambour ;
Uatckins est à son fourneau et travaille .) hawkins. travaillant. Voyez un peu si rct écervelé de William reviendra avec mes plantes qu'il a à broyer.
nelly, allant embrasser Hawkins. Mon bon père!
Hawkins, «ourlant. Tu vas me demander quelque chose ?
nkilt. Tu devines ce qu’on ne veut par te cacher. Tu as assez travaillé. Yiens-l'en au Pré-aux- Jeux montrer ta lillc. J'ai besoin d'air. C'est a mourir de vivre ainsi comme un lézard dans son mur. Vient !
Hawkins. C’est bien facile à tromper, un vieillard, mais faut-il savoir mentir encore? .. Tous les soirs tu inventes la même raison; je prends mon manteau cl nous sortons; mais tu fond du r<aur je me dis : Heureux vieillard, tu ne te tueras pas au travail, car ta fille vrille sur toi l
nkllt. Allons, viens!
Hawkins. Non, demain! {Il se remet à travailler; appelant.) William!
NRLiv. Cest STcr ton sang que tu réchauffes tes idées, c'est avec la vie que tu fécondes la science... ah! prends garde.
dawkins. La science?... les heures que je lui cons.cre s ont comptées au centuple à nos neveux. Je crois fermement qu’il sera donné un jour à l'homme, non pas de vaincre la mort, mais de retarder son triomphe. (Montrant un des /laçons.) Qu'esl-ee que ce narcotique? N'csl-ce pas la mort ou la vie a mon gré? n'est-ee pas la mort qui n'est pas la mort, mais qui est plus que le sommeil? Le vulgaire dira : ingrédient d'alchimiste!...
I- h ! qu'importe, enfant, qu'importe ! c'est un coin du voile divin relevé, c'est un pied posé dans le domaine mystérieux et sinistre de ce stupide tyran que l’on nomme la mort! (Appelant J William, William! iH’iffwro entre un mortier i la main.)