‹ Richard 3. drame en cinq actesChapitre 64 sur 80 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

SCROOP, RICHARD, DIGHTON.

Richard, à Scroop. J'ai remplacé Rutland.

scroop, à y an . L'assassin de ses neveux.

riciiard, bas à Dighion. J'ai été sa dupe, saistu? Connais-tu un supplice plus cruel que la mort, Dighton?

dighton. En cherchant, on trouve tant de choies. milord.

richard, à Scroop. Je ne te ferai pas attendre, mon bon Scroop, jo ne te ferai pas attendre. (A Dighton.) Cherchons! ( Ils sortent.)

SCEaNE VII.

SCROOP, »«!, puis NELLY.

scroop. Merci, mon Dieu, vous m'avez montré la griffe du tigre!

nrlLT, entrant du milieu. Abt scroop. Nelly !

nrlly . Scroop! ah! mon ami! je voua cherchais !

scroop. Quoi? qu'y a-t-il? où est votre kUre d'invitation?

ndllt. Je n'en ai pas.

scroop. Mais vous savez ta consigne ?

nelly. Oui, je la sais; mais n'importe ! je tou* cherchais, je vous sauve, fuyez; scroop. Me sauver?

nellt. Richard sait tout.

scroop. Richard? et que sait il?... Voyou?, je ne t'ai pas compris, sans doute; encore une fols, qu'y a-t-il ? que veux-tu dire? eiplique-t> > nelly. Vous êtes venu chez mon père celle nuit...

scroop. Eb bien?

nplly. Un homme y était avant vous.., scroop. Richard?

n ix lt. H a menacé William, William a eu peur. . SCROOP. Richard?

nellt. C’était lui !

scroop. Damnation!... et Hawkins?

nelly. Mon père est gardé à vue par Forrnt’ scroop. Oh!

nellt. On lui laissera un moment de liberté pour se rendre au rendez-vous.

scroop. 11 y viendra?

nelly. Oui, avec le breuvage convenu.

scroop. Au rendez-vous, avec le breuvage convenu, et Richard sait tout? Ton père est un traître!...

nellt. Mon père?...

scroop, te remettant. Non... mais écoute-moi, Nelly, écoute-moi... rassemble tes souvenirs et pèse tes paroles... Ton père a-t-il voulu t'embrasser avant de sortir? avait-il l'air inquiet, embarrassé? t'a-t-il regardée en face? comment t'al-il quittée eufin ?

nulle. Son regard était ferme et calme; il portait la tête haute et souriait gravement ; enfin, il m’a serrée dans scs bras avec une certaine fierté douloureuse, après m'aYoir donné une boucle de ses cheveux, puis il est parti.

scroop , fui serrant fa main. Ton père est digne d'avoir une fille telle que toi 1 — Allons, nen n'est encore perdu ! A nous deux, Richard! Ah! voilà pourquoi lu me passais si souvent la main autour du cou ! Ah! tu mets des gants à tes griffes! A nous deux, te dis-je l (A Nelly.) Ce n est pas une lutte glorieuse et à armes courtoises que tu verras, c'est une lutte de chat-tigre à chat tigre qui se câlinent pour mieux se dévorer!

nellt. Vous m'effrayez I Scroop, fui prenant la main. Je t'effraye * .. 6 héroïque enfant I... Et la reconnaissance t'a mi-e au-dessus de la crainte, et pour me sauver, tu risques ta vie!

nellt. Je pense à moi, en tous sauvant!. ..

oui, je veux que lu saches qu'il y a une pauvre üile au monde qui vivra si tu vis et mourra si tu ! meurs; lu seras plus prudent, tu auras peutêtre pitié d'elle t

scroop. Tais-loil il est des êtres prédestiné? au bonheur des autres, et ceux-là vivent sans regarder en eux et remplissent leur mission avant d écouler les battements de leur cœur. Tu me comprends, n'est-ce pas? Si tu savais... mon Dieu!... — Cette mort que je coudoie sans cesse, celle existence ténébreuse et agitée, non. je n’y venx pas d'un rayon de soleil pour me faire r*-' gretter le jour... non!... et ce serait une cruau.e de secouer les paillettes d’or de l'espérance dao? mon chemin douteux l

nellt, se cachant la tête dans ses mai ru. lfnn

Dieu!

scroop, lui prenant Us main. Oh ! ne rougis pas 1... Mais que veux-tu, mon enfant? je dors mourir ou les sauver l (Il se met à la table de gauche et écrit.) Les hommes comme Richard o'aiment ni ne baissent, ils soupçonnent (A Nelly.) Sois tranquille, j'ai mon plan I nelly, allant au fond. Dépêchez-vous, le rot peut revenir I

scroop, d part. Sur qui vais-ie détourner «<•» soupçon»? Ah! Dighton t (A Nelly.) Rirbemo’ d a des partisans même dans ce camp... ils ma prêteraient main forte au besoin!

nellt. Mon Dieu!

scroop, à Selly. D'ailleurs, ma barbe d’armes est Ut (Se fêtant après avoir cacheté sa lettre.)

Nelly, prends celle lettre... elle est de Raoul de Fulke a Dighlon !...

nuit. Raoul de Fulke? Et c'est voua...

«nnoi*. Tu la confiera» à quelqu'un, avec ordre de l'apporter aur l'heure iei.

ntllv. Four la remettre à Dighlon?

scroop. Non, il faut que ce»-* lettre toit interceptée ici. dana la tente du roi. Attend»! — Tu r» belle, adroite... tu a» de l'eiprit .. tu devrai •éduire Dighlon pour dii minute»... tu lui prendra» hardiment le bras, et tout en l'enveloppant de ta jeunesse et de ta beauté, tu lui glisseras celte moitié de sequin dans son escarcelle. ..

NULT.i Scruop, qui te retourne riwmnl. Quoi donc T

scroop. J'ai cru qu’on nous écoutait ! tf.ua donfiant te sequin.) Cette moitié de sequin dans son escarcelle. Ceci fait, lu m’auras sauvé la vie! — Retiens; tu m'attendras derrière ce rideau. [Il vtdtque le ci/lé gauche. NtUy tort.)

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