SCENE X
RICHARD, SCROOP
scroop. Une bonne journée, milord t hicharu Très-bonne ! ( A part, en fourrant la lettre dam ta poche.) Ces femmes ont la rage d'écrire; vous verrez, j'en Unirai avec toutes les deux d‘un coup.
scroop. Eb bien! elle est encore meilleure que vous ne croyez. Ah! je vaut mon pesant d’or. . Vous étiez tout simplement sur un vaisseau troué et menaçant ruine ; niieui encore, votre altesse : vous aviez en cage de beaux oiseaux dont les ailes avaient poussé en une nuit et qui n'attendaient qu'une porte ouverte pour s’envoler... en un mol, la princesse doit prendre un narcotique cette nuit.
riciurd, raillant. Tu crois?
scroop. Puis elle doit être transportée aux caveaux des Moines Cris de Leicestcr.
richard. Vraiment?
scroop. De la. enlevée et conduite au camp de Ricbemond..- L'heure du rendez-vous, minuit.
RtcuARD. En vérité?... F.hbicn! tu ne m ai rien appris, Scroop, je le savais.
scroop. Vous?
richard. L'étonnante chose, n’e»l-ce pas? oui, moi, Scroop ; et même l'heure du rendez-vous est chaogée.
scroop. vuvmenl. Changée?...
richard. Minuit et demi au lieu de minuit.
scroop, se remettant. Âli! votre altesse est désespérante; on croit l'étonner, et c'est elle qui vous surprend. Mais vous savez s ns doute aussi que je suis l'Ame damnée du complot?
richard, surpru. Toi?
scroop. Quej'ai joué au dévouement pour avoir ics secrets de la reine: organisé moi-même le plan pour n’en pas perdre un mol?
Rieti.Ann, étonné. Ah I
scroop. Qu'Élisabeth enfin, morte pour tout le monde, et conduite à Grey-Frisrs, je la fais disparaître aur un signe, si vous le faites, ou je remets les clefs du caveau à votre altesse .. et tout est dit?
richard. Ah!
scroop. Vous l'ignoriez? Eh bien ! je vous l'apprends. Votre altesse n’a qu'à parler, je suis prêt.
richard. Nous avons rôdé une heure ensemble dans le camp...
scroop, rivement. Et je ne vous ai rien dit?
richard, Pourquoi?
scroop. Vanité, milord, pure vanité. J'avais découvert un complot, je voulais en garder tout l'honneur ; j'avais conçu un plan, je voulais l'exé- ' cutcr; je savais que Raoul devait écrire ou envoyer un émissaire à Dighlon, je voulais avoir la lettre ou tenir l'émissaire... c'est ce qui explique me» airs distraits, que votre grâce a dû remarquer. Je suivais Dighlon de l'œil, j'épiai» les uns, je guettais les autres; enfin je voulais tenir tous les fils, tout le péril, tous les complices, et vous dire : Les voilà, qu'en faut-il faire?
Richard, montrant Dighton, qui entre une corde à fa main. Tu t'expliques à temps, j'allais le faire pendre.
scroop. Je vous remercie, milord. Quel est le
sage qui recommande de retourner sept fois sa langue avant de parler?