‹ Richard 3. drame en cinq actesChapitre 74 sur 80 · SCENE XVII · texte numérisé non relu

SCENE XVII

LA REINP.. ELISABETH, HAWKINS, RICHARD, dans le fond, SCUOPP, dans le camp, avec le reste des Barons.

la reinb, fui retenant le bras. Betty t t'USvnEiii. Dieu est avec nous, ma mère! [EUe boit.)

la reine, fui arrachant la coupe. Oh ! ossez ! Élisabeth, dans le délire. Tu as raison. Ah!... c’est étrange 1.. ma pauvre tête... comme elle tourne... Je vois mes frères qui me tendent leurs petites maios 4 travers les nuages... Et lUchrmond qui meeaiuecn se perdant dans 1rs vapoursbleuâtret du matin comme une ombre qui fuit le eoleil- [La Heine a suivi le délire de sa fille avec une terreur croissante, oubliant de rendre la coupe, quelle tend lentement, sans regarder à qui elle (adresse .)

ricuard, prenant la coupe avec mh sourire froid. Donnez, ma sœur! ( Ilrrmet la eompe à IHghton.)

la r sut a, se retournant. Richard I ma fille est morte !

Élisabeth. Ma mère !

Richard, A la Heine. Morte? et qui l'a tuée ? Ob! ne cherche pas le coupable I... Qui est allé cette nuilchez Hawkins? toi; qui luiacomnnmlé ce breuvage? toi ; qui lui a donné rendez-vous dans ma tente? loil... J'en ai la preuve, milords! [A la retne.) Aht ne joue pas au désespoir : si ta fille se meurt, c'est toi qui l'ira tuée '

la rkinf. Mon Dleo! cette dernière infamie lai manquait! [Prenant sa fil'e dans ses Aras.) M> fille t... — Miladles. vous êtes des mères, dite* a cet homme qu'on n'embrasse pas tes enfants qu'on tue! — (A Elisabeth.) Ah ! défends-moi, osa fille, défends-moi !

élis ibeth, dans le délire. Vous? qui êtes vous? que me voulez-vous? Je ne vous connaît pâli la urine. Eli»abelhl

Élisabeth. Ah! si, je vous reconba 1 ®.. je reconnsls la main siuistre qui m'a versé le poison., la voilà ! la voilà!

richard. Sa fille elle-même l’accuse, voua voyez! ÉLISABA.TH, dont le délire augmente. Ah ! laits zmoi I j’ai assez bu I j’ai assez bu 1 richard, aux lords. Sa tille elle-même l'accuse, voua le voyez!

la reine. Elisabeth!

éi Isa bit n . J’ai allez but... laisses moi... Iniisei-mui... A II ! [Elle tombe immobile.) ricuard, aux Barons. Je vous ai parlé d'une reuve, milords, la voilà! (If leur montre une ttre.) Li*ez '. — Oh! lisez, lisez!.., mais non, je la lirai, moi!-. et si celle femme oae me déo»tnlir, je consens 4 être dégradé comme chevalier... tonsuré et cloliré comme roi! Ecoutez! Lisant j « L'heure est changée; minuit et demi au lieu de

* minuit; — toujours dans la tente du roi; — » comme signal, deui coups sur le timbre d ar- » g-nt. Elisabeth drmandrraà boire, tu loi don

• neras le breuvage convenu. — Je veux es 6mr 1 o — Signé, la veuve d’Edouard » [Leur passant la lettre.) Je veux eu finir !— Cette phrase monstrueuse y est ! (If désigne la place. Uoutemtnt d’horreur.)

la rfine. Et Dieu le laisse parler!

Ricil.inn, montrant la ligne accusatrice. Là'. . 14!.,. Et s'il Faut un témoignage de plus, milords... voila Hawkins, son complice... re ra»lbeurrui vieillard qu'elle a ensorcelé .. Parle. Hawki t' (Bar.) Songe 4 U tille! [Haut.) Oui ou non, ai-j» dît la vérité? Oui ou non, l'a- 1- elle contraint a ce crime?

IMWEINS. Oui.

la reins. Horreur! horreur!

scnopr.Apari.Ceibommeestle génie du crime' la reine, allant A Hatcktnt. Vieillard, la a* uo pied dans la tombe, tu va» paraître bientôt devant Dieu, regarde-moi en face... Oses-tu répéter ce que tu as dit?

uawkins, A part. Sa douleur ma déchire le coeur !

la reine. L’oses- tu !

iuwkins. J'ai dit la vérité! {.tfounemenj général.)

LA reine, aiut R nrons. Ah! je vous rare que cet homme ment ! Mai» non, vous ne le croyez pas .. milords, vous ne 1a croyez pas .. vous n* pouvez croire 4 cette monslruntilé... Je voulais la sauver I. — Ah! si le» os de ma mère, si les os de met Gis étaient là, ils vous diraient : Il ment! [Elle presse sa fille dans ses bras.) Ma fille! (.' 1 urnnf, la télé dans ses marna. t Oh! les misérables'. (Arec violence.) FJ» bien] non. je ne pleurerai pas, je ne me résignerai pas, je ne me tairai pas! — Ce corps ne sortira d'ici que quand (non innocence sera reconnue. Milords, j'en appelle au jugement de Dieu !

ricuard. Le champ clos est ouvert; roinmr accusateur, nous le demandons aussi. Mai* ob est-il le chevalier qui brandira l'épée ou la lance en l'honneur de la mère qui tue son enfant?.,. Uù est-il?

scroov, A part. Oh! l’infâme!

la rcinii. Je suis la veuve d'Edouard, milords... Vous m’avez vue sur le trône et dans l'advmiié, et je suis reitée digne de ce nom- Mau je suis une mère cruellement éprouver, vous voyez! [Elle montre ta fille.) Milords, vous pouvez compter mes plaies par vos blessures: c« mon cœur a saigné de tous vos malheur*, car mon deuil a été celui de l'Angleterre... Un *eo! enfant me restait, et la voilà morie... Et l'o» m’accuse de sa mortl (Jfoacemenf de Rtclrard. — La Reine avec impétuosité.) Ali! laisse-moi parler est re que tu crois que la lionne a peur du tigre! (diur Barons.) Je suis Innocente, milord*! — Vous avez trop vu mes larmes pour ne pa» le»

reconnaître! th bien! s'il y a parmi vous un homme compatissant, j’en appelle 4 in pitié: un homme généreux, j’en appelle 4 son courage ua fil* et un père, J’en appelle in respect de l ut»

et à f amour de l'autre! (Se jetant à leurs piedt.) Milo-d*. e*e»t la veuve de voire roi qui se met •ou* votre parle! On tVIwijne <f elle } Vous tous éloignez? (Se feront.) Vous me reconnaissez, je crois? Oui t’a fait due et romle, Surreyî... c'est moi!... Qui t'a enrirhi, William Wktz?... e'e»l moi !... Qui a marié la fille et sauvé ton fils de l'échafaud. John Howard?... r'esl moi! — Vous vous taisez? Ah! les lâches, les lâches, les lâches I j EUe tombe presque unis vie sur U corps de ta fille en sanglotant.)

sennop, aux seigneurs. Chevaliers félons et disceurtoisl... si votre silence est une accusation, vous m avez menti par la gorge! ( Relevant la fie i ut.) Relevez-vous, madame, relevez-vous ! (Aux Barons.) — Oui, devant Dieu et devant les hommes, je vous défie, voua, VO« fils, vos frères, vos neveux... Je vous défie, chevaliers couards et déloyaux... Je vous défie à ta lance, au poignard, à l'épée, à la hache, k la vte, à la mort! — Ouvrez la lice, je suis prêt!

ntcu vnn. Qu'rn dites- vous, milords ? Mon bouffon l l : n bouffon pour chevalier! Un bouffon pour défenseur ! Allons, voua étra vengée de ' leurs injures ! (A Seroop.) Ton sabre de bois pour j que j* te châtie, bouffon !

acnoor. Roi Richard, tu mens! je te jette mon gant à la face, et avec mon gant, je te jette mon nom : je auis Raoul de Fuite I Tocs, te précipitant sur le gant. Raoul!

RICHAUD* Arrêtez, c'est le gant d un traître I — { App étant.) Le bourreau! (Un Aomnti rouge entre. )

niciiAnn. au bourreau. Ramasse ce gant... ile»t 1 Ù toi. et celle tête aussi... Va ! (Fl désigne Raoul.)

mont, ve précipitant sur Richard. Ah I tu ne veut pas du jugement de Dieu? Eh bien! meurs, régicide, meurs! [Il le frappe.) Damnation! la cotte de mailles!

RICHARD» froidement. Décidément, elle est bonne ta cotte de mai les ’ [Aux soldats.) Qu’on l’arrête! (Seroop se précipite sur ta hache d'armes; mouremrnt général pour l'arrêter.)

SCROOP. n rr a chant son manteau et le jetant dans les yeux de ses adversaires, en frappant de droite et de gnuthe acre xa hache d’armes. Je « >jis Raoul de Fulke! je suis Raoul de Fulkp. et Vous en aurez la preuve, vrai Dieul — Arrière, bandits 1 arriére, mécréants! arriére! arrière! Je suis Raoul de Fulkel... (Il te fait un passage.) lli* hemoiid et l'Angleterre! à moi! je suis ' Raoul de Fulke ! [Il disparaît. On entend dans le lointain deux fois répéter: Niche mond et l Angleterre. à moi!)

Lv nr.i'R. arec désespoir. Mon Dieul uawkins, s'approchant virement de la Reine.

Aar. Friez et pleurez plutôt pour ma fille; la vôtre vivra, madame I ... ...

t.A reine, paient du désespoir à la joie. Ma fille !

uawkins. Contenez-vous, Richard observe!

nn.il» un. à part. Il a saisi le changement de risciga de la fit me. Je suis joué! (Dighton revient.)

SCEMÉ XVIU.

RICHARD, iw assistants. DIGIITON, un homme d’arhu.

Cris de Lelcester, tu veilleras area Fonest près du tombeau; si elle n'est pas morte, tuez-la 1 Ls reine, rcciWanf d épouvante. Ah!

richard, aux lords, après avoir bu. En guerre, milords, en guerre!... Vous goûtiez le repos, vous aviez le bonheur prés de vo* femmes « dans vov terres, et I on vient vous enlever les unes et deshonorer le* autres. A BoiRorth !

tous. A Uoiworth!

la reinr, se train our aux aertoux de Richard Richard 1

Richard. Et qui encore? un rainas de vagabonds, la borne de l'espèce humaine!

Lt reine. Mon frère :

riciiird. Vive Dieu! le sanglier a toutes ses dents! Sus aui traîtres... sus aux bandits et félons de tous les pays..

la REiNK. Milord! milord!

rich »rd. Gentilshommes d'Angleterre, au combat! au combat, brave milice ! f/7 motif* à cAeca/.) tors. Au combat!

la ri* in a. é cariant les Barris pour arriver jusqu'à Richard. Ah! grâce! miséricorde! [Se jetant sous Us pieds du cheval.) Ah! tu es sans pitié, écrase-moi!

RicitvRD, à cheval, brandissant son épée. À Bosworih! à Rosworthl tocs. A Bon» urth 1 (Ils s’éloignent.) il reine. Ah! (Bile s'évanouit .}

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