‹ Richard Cœur-de-lion, opéra-comique en trois actesChapitre 7 sur 35 · WILLIAMS, BLONDEL, ANTONIO · texte numérisé non relu

WILLIAMS, BLONDEL, ANTONIO

ANTONIO

Oui, e'est moi, pere Blondel.

BLONDE!,

Tu as ete bien longtemps.

ANTONIO, a part.

Ah ! e'est que je l'ai trouvee, et je lui ai dit un petit mot.

BLONDEL

Tiens, lis la lettre de ce monsieur que voila (II affecte de le montrer ou il n'est pas.); Ct lis bien liatlt,

et distinctement; lis, lis, mon petit ami.

ANTONIO

« Belle Laurette...

RICHARD COEUR-DEj-LION, •0-

WILLIAMS

Belle Laurette!... Voila comrae ils leur font tourner la tete.

ANTONIO

« Belle Laurette, mon cceur ne peut se conte- « nir de la joie qu'il ressent par l'assurance que « vous me donnez de m'aimer toujours.

WILLIAMS

Ah! fille indigne! elle l'aime.

BLONDEL

Laissez, laissez. Continue.

ANTONIO

« Si le prisonnier, que je ne peux quitter...

WILLIAMS

Tant mieux.

BLONDEL, a part.

Le prisonnier !

ANTONIO

« Si le prisonnier, que je ne peux quitter, me « permettait de sortir pendant le jour, j'irais me «jeter...

WILLIAMS

Fut-ce dans les fosses de ton chateau !

BLONDEL

Qu'il ne peut quitter.

ANTONIO

« J'irais me jeter a vos pieds ; mais cette « nuit... » II y a la des mots effaces.

BLONDEL

Ensuite.

ANTONIO

« Faites-moi dire par quelqu'un a quelle heure « je pourrais vous parler. Votre tendre et fidele « amant, et constant chevalier, Florestan. »

WILLIAMS

Ah I damnation! goddam!

BLONDEL

Goddam, est-ce que vous etes Anglais ?

WILLIAMS

Ah! oui, je le suis.

BLONDEL

Vigoureuse nation! eh! comment esUil possible, que, ne un brave Anglais, vous soyez venu vous etablir dans le fond de l'Allemagne, et dans un pays aussi sauvage qu'on m'a dit qu'il etait?

WILLIAMS

Ah! e'est trop long a vous raconter. Est-ce que nous dependons de nous? 11 ne faut qu'une circonstance pour nous envoyer bien loin.

BLONDEL

Vous avez raison; car moi, je suis de 1'Ile- de- France, et me voila ici; et de quelle province d'Angleterre etes- vous?

WILLIAMS

Du pays de Galles.

BLONDEL

Vous etes du pays de Galles ! Ah! si j'avais la jouissance de mes yeux, que j'aurais de plaisir**

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