WILLIAMS, BLONDEL, ANTONIO
ANTONIO
Oui, e'est moi, pere Blondel.
BLONDE!,
Tu as ete bien longtemps.
ANTONIO, a part.
Ah ! e'est que je l'ai trouvee, et je lui ai dit un petit mot.
BLONDEL
Tiens, lis la lettre de ce monsieur que voila (II affecte de le montrer ou il n'est pas.); Ct lis bien liatlt,
et distinctement; lis, lis, mon petit ami.
ANTONIO
« Belle Laurette...
RICHARD COEUR-DEj-LION, •0-
WILLIAMS
Belle Laurette!... Voila comrae ils leur font tourner la tete.
ANTONIO
« Belle Laurette, mon cceur ne peut se conte- « nir de la joie qu'il ressent par l'assurance que « vous me donnez de m'aimer toujours.
WILLIAMS
Ah! fille indigne! elle l'aime.
BLONDEL
Laissez, laissez. Continue.
ANTONIO
« Si le prisonnier, que je ne peux quitter...
WILLIAMS
Tant mieux.
BLONDEL, a part.
Le prisonnier !
ANTONIO
« Si le prisonnier, que je ne peux quitter, me « permettait de sortir pendant le jour, j'irais me «jeter...
WILLIAMS
Fut-ce dans les fosses de ton chateau !
BLONDEL
Qu'il ne peut quitter.
ANTONIO
« J'irais me jeter a vos pieds ; mais cette « nuit... » II y a la des mots effaces.
BLONDEL
Ensuite.
ANTONIO
« Faites-moi dire par quelqu'un a quelle heure « je pourrais vous parler. Votre tendre et fidele « amant, et constant chevalier, Florestan. »
WILLIAMS
Ah I damnation! goddam!
BLONDEL
Goddam, est-ce que vous etes Anglais ?
WILLIAMS
Ah! oui, je le suis.
BLONDEL
Vigoureuse nation! eh! comment esUil possible, que, ne un brave Anglais, vous soyez venu vous etablir dans le fond de l'Allemagne, et dans un pays aussi sauvage qu'on m'a dit qu'il etait?
WILLIAMS
Ah! e'est trop long a vous raconter. Est-ce que nous dependons de nous? 11 ne faut qu'une circonstance pour nous envoyer bien loin.
BLONDEL
Vous avez raison; car moi, je suis de 1'Ile- de- France, et me voila ici; et de quelle province d'Angleterre etes- vous?
WILLIAMS
Du pays de Galles.
BLONDEL
Vous etes du pays de Galles ! Ah! si j'avais la jouissance de mes yeux, que j'aurais de plaisir**