‹ Richard Darlington; drame en trois actes et huit tableaux, et en proseChapitre 27 sur 135 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JENNY, puis RICHARD.

JENNY

Oh! Richard, Richard! si ce que dit ma mère est vrai , si tu ne devais jamais m'aimer que comme un frère! Oh! je le sens là, ce serait trop peu pour mon bonheur. C'est qu'elle a raison, ma mère; sa main tremble-t-elle quand il prend la mienne et que je frissonne de tout mon corps , rien qu'en la touchant ; son cœur bat-il quand le matin ou le soir il pose ses lèvres sur mon front et que je sens mon cœur se gonfler comme s'il allait briser ma poitrine? Non, il est calme, Richard, toujours calme, excepté quand il parle de ses projets d'avenir : c'est alors que son âme s'allume, que ses yeux s'enflamment; tout à l'heure l'espoir d'être nommé député ne lui avait-il pas fait oublier jusqu'à mon existence! A-t-il répondu à mes adieux de la voix ou du regard ? Oh! contre les autres, j'ai la force de le défendre, et contre moi-même, ô mon Dieu ! je sens que je ne l'ai pas. Oh ! c'est lui ; qu'a-t-il donc?

RICHARD, enlranl.

Malédiction !

Comme il est pâle! comme il paraît agité!

RICHARD

Je n'y pouvais plus tenir ! échouer, et de celle manière! opprobre et dérision... Je ne suis pas le fils du docteur Grey?

JENNY, imussanl un cri.

Ah!...

Page 1