ACTE I, SCENE VU
idée , celle que Jenny verrait toujours en moi un frère , quoiqu'elle eût cessé d'être ma sœur.
LK DOCTEUR
Et voilà ce qui t'a fait quitter l'assemblée comme un fou , abandonner la partie qui n'était qu'à moitié perdue ?
RICHARD
Eh! mon père! partie, élection, royaume, que m'importait tout cela? Tout cela s'est évanoui devant une seule idée , celle de redevenir ce que j'avais cru longtemps être, votre fils ; mon père, m'ôterez-vous ce nom, ne pourrai-je plus dire mon père, mon bon père?
LE DOCTEUR
Et que diable! dis toujours, j'y suis aussi habitué que toi , et il m'en cofiterait plus qu'à toi peut-être de ne plus dire mon fils; mais pour cela il faut deux choses, l'amour de Jenny...
RICHARD
Oh! elle m'aime, mon père, elle m'aime, elle me l'a dit.
LE DOCTEUR
Et le consentement de sa mère... Sa mère dont vous oubliez les droits, Richard.
RICHARD
Mon père , j'avais oublié le monde entier, pour ne me souvenir que de Jenny.
LE DOCTEUR
Richard, dites à ma femme que je l'attends.
RICHARD
Je vais l'avertir, mon...
LE DOCTEUR
Eh bien?
64 UICHAIID DARLINGTON.
RICHARD
Mon...
LE DOCTEDR.
Père! allons donc!
RICHARD, se jetant dans ses bras.
Mon père !
(// sort.)
MAWBRAY.
Eh bien! mon ami?
LE DOCTEUR
Il méritait celte leçon , n'est-ce pas?
MAAVBRAY.
Laquelle?
LE DOCTEUR
Celle que je viens de lui donner.
MAWBRAY.
Ah ! vous appelez cela une leçon?
LE DOCTEUR
Eh! comment aurais -je été plus sévère quand ce drôle-ià s'avise de réaliser tout à coup des espérances de quinze ans, mes projets d'avenir, un rêve que je n'avais abandonné que lorsque je crus m'apercevoir que Richard faisait peu d'attention à ma fille. Vrai Dieu, Mawbray, je suis enchanté de m'être trompé !