‹ Richard Darlington; drame en trois actes et huit tableaux, et en proseChapitre 5 sur 135 · PROLOGUE, SCÈNE III · texte numérisé non relu

PROLOGUE, SCÈNE III

donner des explications auxquelles, je vous jure, vous ne prendriez aucun intérêt , tant elles me sont personnelles.

LE DOCTEUR

Je suis prêt.

ROBERTSON

Une question encore, monsieur : si cette personne ne pouvait repartir aussitôt qu'elle aura reçu vos soins , consentiriez-vous, au nom de l'humanité, à la cacher chez vous à tous les yeux, moi vous jurant sur l'honneur qu'aucune cause politique ne nous force à nous entourer de ce mystère?

LE DOCTEUR

Oui , monsieur , je le ferais.

ROBERTSON

Étes-vous marié , docteur ?

LE DOCTEUR

Pourquoi cette question?

ROBERTSON, lui tendant la main.

Pour savoir si votre femme est aussi excellente femme que vous êtes brave homme.

LE DOCTEUR

Je le crois.

Eh bien! ayez la bonté de l'appeler, je vous prie; ses soins nous seront nécessaires : la personne qui les réclame est du même sexe qu'elle.

LE DOCTEUR

Je vais le faire.

ROBERTSON

Merci. {Posant un rouleau d'or sur la table.) Voici, non pas pour m'acquitler envers vous , tout l'or du roi

George n'y suffirait pas, mais pour vous indemniser autant qu'il est en mon pouvoir du moins, du dérangement que je vous cause.

LE POSTILLON , dc lu povte.

La jeune dame vous appelle , monsieur.

ROBERTSON

Me voici, me voici.

{Il sort.) LE DOCTEUR , frappant à la porte de sa femme. Anna ! Anna !

ANNA , de sa chambre.

Qu'est-ce donc que tout ce bruit?

LE DOCTEUR

Des voyageurs qui ont besoin de nos secours à tous deux ; viens donc vite, puisque tu n'es pas couchée.

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