‹ Richard Darlington; drame en trois actes et huit tableaux, et en proseChapitre 7 sur 135 · PROLOGUE, SCENE IV. iS · texte numérisé non relu

PROLOGUE, SCENE IV. iS

CAROLINE

Oh ! non, non... Mais ici tu peux ôter ton masque?

ROBERTSO.N.

Si loin que ce village soit de Londres, il se peut que le docteur y ait été et m'y ait vu.

Tu étais donc bien connu à Londres?

ROBERTSON

Oui!... Parlons d'autre chose.

CAROLINE

Parlons de mon père.

ROBERTSON , frappant du pied.

Ton père!

CAROLINE

Tu le juges mal .

ROBERTSON

Comme tous les hommes.

CAROLINE

Il m'aime.

ROBERTSON

Moins que son nom.

CAROLINE

Si lu m'avais laissé tout lui dire?

ROBERTSON

Il l'eût défendu de me voir.

CAROLINE

Pourquoi ?

ROBERTSON

Il est noble , et moi du peuple.

Mais lorsqu'il aurait su...

i4 RICHARD DARLINGTON.

ROBERTSON

Quoi?

CAROLINE

Que tu m'avais sauvé la vie!

ROBERTSON

Qu'est-ce cela?

CAROLINE

Au risque de la tienne , enfin.

ROBERTSON

Chaque batelier de la Tamise en fait tous les jours autant : vont-ils demander en mariage les jeunes filles qu'ils tirent de l'eau?

CAROLINE

Mais tu n'es pas un batelier, toi ?

ROBERTSON

Plût au ciel que je le fusse!

CAROLINE

Oh! il eût été attendri.

ROBERTSON

Oui; et dans son attendrissement, il m'eût fait jeter une bourse par ses valets. Si je ne suis pas noble, je suis riche du moins, et je n'ai pas besoin de son or.

CAROLINE

Oh ! Robertson, Robertson... je souffre !

ROBERTSON

Docteur !

LE DOCTEUR , rentrant, et allant dans sa chambre.

 l'instant !

CAROLINE

Et si mon père nous poursuit ?

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