‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 21 sur 228 · II. — LE TERMINUS A QUO · texte numérisé non relu

II. — LE TERMINUS A QUO

Le terminus a quo peut être fixé d’abord par la condamnation des thèses averroïstes, prononcée en 1277, par l’évêque de Paris; elle est plusieurs fois mentionnée.

Il est certain aussi que Gilles de Rome * dans son De gradibus ‘formarum (1278) ne fait aucune allusion à la position propre à Richard, dans la question de la pluralité des formes, ni à aucun de ses arguments. Au contraire, Middleton réfute le De gradibus formarum, comme nous le montrerons dans l'appendice 5.

De même Gilles de Lessines #, dans son De Unitate formae {juillet 1278) ?, ne fait aucune allusion à Richard : mais il est bien difficile de croire que Middleton n’a pas connu Gilles. Sur les onze arguments de ce dernier, sept sont rapportés parmi les objections de la Quaestio disputata 8.

Henri de Gand”, dans son quatrième Quodlibet (Noël 1278 ou 1279), ignore également notre docteur 1°: et son témoignage <st plus précis que les précédents. Réfutant les pluralistes dans la première partie de la question treizième, il commence par rapporter leurs arguments et il ajoute : « Zsta sunt fundamenta,

? De WuLr-PELZER, p. 276. — UEBERWEG, p. 506, 519, 181%. " # De WuLr-PELZER, p. 97, note.

- 84 Voir plus loin, l’appendice 111, p. 420. 4 UEBERWEG, p. 506, 521, 181%. Voir plus loin, l’appendice VN, p. 440. Voir plus loin, l’appendice 1, p. 389.

* Sur Gilles de Lessines, voir GRABMANN, Aegidus von Lessines, O. P., dans .Divus Thomas, troisième série, t. II, 1924, p. 35-54. — UEBERWEG, p. 505, ‘Bot. 7 De Wurr, Gilles de Lessines, p. 83-89.

# Voir l’appendice 1, p. 389.

* UEBSERWEG, p. 504, 510-514, 179%.

49 Voir plus loin, l’appendice 1, p. 389.

ut credo, ponentium gradus formarum in omnibus compositis. » Or aucun de ces arguments ne se trouve chez Richard. Bien plus, Henri ajoute, à la fin d’un raisonnement :

« Non restat nisi tertius modus, et ille, ut credo, est in quo confidunt, scilicet quod ex pluribus formis componatur tertia, quae per essentiam omnino differt ab aliis 1.»

Or, on ne trouve rien de semblable chez Middleton ?.

D'autre part, parmi les objections rapportées par Richard, une au moins vient de Henri de Gand (la vingt-septième), sans parler de celles qui sont communes à plusieurs auteurs, telles, la quatorzième et la vingt-neuvième. De plus notre docteur, dans sa réponse à la dix-huitième objection, désigne la position de Henri de Gand :

« Potest adhuc assignari alia ratio secundum illos qui non ponunt plures formas incompletas in composito nisi in homine.….. $ »

De ces données convergentes, nous devons conclure que les Quaestiones disputatae ont vu le jour entre 1279 et 1284.

Nous pouvons faire un pas de plus. Richard, nous le verrons plus loin, devint docteur au début de l’année scolaire 1284-1285. Or, les Quaestiones disputatae, pour autant que l’on peut conjecturer dans une question encore obscure f, étaient réservées aux Magistri. Puisque d’une part, Richard commença son enseignement magistral en novembre 1284 et que, d’autre part, le premier Quodlibet fut tenu dans l’année 1284-1285, si l’on suppose que Richard l’a tenu aux environs de Pâques 1285,

1 GANDAYENSIS, fol. CI11".

4 La seule objection qu’on pourrait faire à ce raisonnement est que Richard dans sa Quaestio se défend de trancher la question, si dans l’homme il y a plus de deux formes.

3 Voir l’appendice 1, p. 390.

* EnrLe, Nikolaus Trivet, p. 45; MANDONNET, Chronologie sommaire de le vie et des écrits de S. Thomas, dans Revue des Sciences philosophiques et théologiques, t. IX, 1920, p. 147: — Voir Ib., Chronologie des Questions disputées, dans Revue Thomiste, troisième série, t. 1, 1918, p. 260-287 et 340-371. ID., Nes écrits authentiques de S. Thomas d'Aquin, 2° édit., 1910, P. 129.

DATE DES « QUODLIBETA » 33

nous pourrions assigner pour date aux Quaestions disputatae la fin de 1284. |

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