‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 34 sur 228 · SÉJOUR A OXFORD · texte numérisé non relu

SÉJOUR A OXFORD

de la notice de Pits, cette affirmation semble fausse. Nous verrons qu’à Paris Richard n’avait encore que le titre de bachelier.

D'ailleurs Wood, qui a beaucoup étudié les antiquités franciscaines à Oxford, n’a laissé aucun indice favorable au doctorat de Richard. Il parle longuement de l’école franciscaine à Oxford 1, donne la succession de ses professeurs : il cite soixante-sept noms ?. Richard n’est pas nommé. Wood ne le mentionne que dans sa liste des écrivains franciscains : il vient à la cinquième place, immédiatement après Roger Bacon et Guillaume de la Mare 3. Preuve qu'il n’y avait plus, à Oxford, de souvenir très précis sur Richard, tandis que de Roger Bacon et des autres maîtres on avait gardé mémoire. Il est donc extrêmement probable qu’il n’y a jamais enseigné.

Little, malgré ses recherches, n’a rien trouvé; bien plus, il a une liste de soixante-sept professeurs franciscains à Oxford; le nom de Richard n'y figure pas. « Les soixante-sept noms suivants, écrit-il, ont été trouvés dans une liste d’un ancien manuscrit. La liste prétend. évidemment comprendre tous les régents et maîtres des Frères Mineurs à Oxford, en ordre chronologique : elle semble s’interrompre vers l’année 1350. Est-elle complète jusqu’à cette date ? Il est permis d’en douter ; mais aucune notice contemporaine ou quasi-contemporaine n’a été trouvée, d’un frère mineur régent en théologie ou docteur d’Oxford avant 1351, dont le nom ne figure sur cette liste #. »

1 Woop’s City of Oxford, édit. d'ANDREW CLARCKE, t. II, Oxford, 1890, dans l’Oxford historical Society, t. XVII, p. 342-413.

3 Ibid.. p. 376.

* LITTLE, p. 134 : cette liste est-elle la même que celle copiée par Wood? Je l’ignore. Cette liste provient de deux manuscrits de Londres. Voir LITTLE, p. 134. — Il sera intéressant, croyons-nous, de reproduire les noms : 1) Adam Marsh ou de Marisco. — 2) Ralph de Colebruge. — 3) Eustace de Normaneville. — 4) Thomas of York. — 5) Richard Rufus of Cornwall. — 6) John Wallensis. — 7) Thomas Docking. — 8) H. de Brisingham. — 9) William of Heddele. — 10) Thomas de Bungay. — 11) John Peckham. — 12) Henry de Apeltre. — 13) Robert Cross ou Crouche (de Cruce). — 14) R. de Toftis. — 15) Alanus de Rodano. — 16) Roger de Marston ou Merscheton. — 17) Alan de Wakerfeld. — 18) Nicolas de Ocham. — 19) Walter de Knolle. — 20) Hugh de Hertepol ou Hartlepool. — 21) John de Persora ou Pershore. — 22) John

Tous les indices que nous avons rassemblés jusqu'ici, excluent donc l’hypothèse que Richard ait été docteur d'Oxford, ou qu'il y ait jamais enseigné. Mais il est probable, comme nous l’avons dit, qu’il y fit ses études; il est donc à présumer que ce fut au Studium generale des Franciscains 3, entre les années 1268 et 1278, car en 1283 il est certainement à Paris ?.

Le nombre des années consacrées par Richard aux études, avant son baccalauréat, nous est inconnu, et la conjecture ellemême est difficile, tant il nous manque d’éléments. Dans les constitutions générales de l’Ordre de saint François, confirmées au chapitre général de Narbonne, en 1260, nous lisons :

«Îtem, mittendi Parisius ad studendum, primo exerceantur tribus vel duobus annis post novitiatum in aliquo studio suae provinciae vel vicinae, nisi adeo fuerint litterati, quod post novitiatum continuo possint mitti. Taliter autem missi studeant quatuor annis ad minus, nisi adeo fuerint provecti, quod merito iudicentur idonei ad lectoris officium exequendum f. »

Un minimum de sept années semble donc requis. Richard fut-il envoyé à Paris après deux ans, ou bien n’alla-t-il dans la capitale qu’après avoir conquis le grade de bachelier ? Nous ne pouvons que poser ces interrogations, sans les résoudre.

Quoi qu’il en soit, dans la période 1268-1283, les professeurs franciscains d’Oxford sont : Guillaume de Heddele (1269), Thomas de Bungay (1270), Jean Peckham (1270-1275), Henri d’Apeltre, Robert Crouche (vers 1280), R. de Toftis. Il est certain que Richard, comme nous l’avons vu plus haut, emprunte

of Berwick.— 23) Thomas de Barneby.— 24) Adam of Lincoln.— 25) William of Gainsborough. — 26) John Basset. — 27) Thomas Rondel ou Rundel. — 28) Adam of Howden. — 29) Philip de Briddilton ou Bridlington. — 30) Peter de Baldeswell. — Avec ces derniers nous atteignons le xiv* siècle. Voir LITTLE, P. 134-163.

1 Cependant UEBERWEG, p. 457, soutient le contraire; sur quelles preuves ? Il ne les donne pas.

3 Sur l’histoire de ce Studium, cfr LITTLE, p. 29 et suiv. — FELDER, p. 254 et suiv., donne d’excellentes indications sur la fondation de ce Studium et sur l’état des études un peu avant Richard.

# LITTLE, p. 46, compte neuf ans avant le baccalauréat, au moins au commencement du x1v® siècle.

* EHRLE, Constitutionen, p. 108; cfr F'ELDER, p. 364.

des arguments en faveur de la pluralité des formes à Jean Peckham. Le connut-il personnellement à Oxford ? Rien ne s’y oppose.

Quant à ses études théologiques, il les fit, au moins pour la meilleure part, à Paris. Cet envoi à la grande université était une recommandation :

« Circa mittendos autem attendatur quod sint ad proficiendum habiles, fortes corpore, eloquentiae bonae et conversationis honestae, non contentiosi sed mites et pacifici inter fratres :. »

Nous pouvons donc supposer que Richard jouissait d’une bonne santé, d’une éloquence facile et d’un bon caractère; au reste l'impression que nous laisse l’ensemble des documents va dans le même sens.

Le choix des élus dépendait du ministre provincial et du chapitre, qui procédait par voie de scrutin.? Entre 1272 et 1275, Thomas de Bungay occupait la place de ministre; il fut remplacé en 1275 par Jean Peckham, et lorsque celui-ci fut appelé à Rome, pour y enseigner la théologie, Hugues de Bathe prit sa charge, 1277-1280; en 1280, Robert Crouche fut élu onzième ministre de la province anglaise 3.

C’est donc à l’un de ces personnages, probablement à Peckham, que Richard dut la faveur d’être envoyé à la fameuse université.

La célébrité de Richard ne commença qu’à Paris.

Les Cordeliers, comme on appelait les Frères Mineurs, occupaient un vaste terrain situé en plein quartier latin, dans la rue qui porte aujourd’hui le nom de « rue de l’École de Médecime », en face de la rue Hautefeuille. Les fondements de leur bibliothèque, qui devait devenir plus tard, au xvi® siècle, une des plus importantes de Paris, avaient été jetés par saint Louis #.

1 EHRLe, Constitutionen, p. 108.

? FELDER, p. 364.

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