‹ Richard en PalestineChapitre 36 sur 54 · N'oubliez pas l'épouse affligée · texte numérisé non relu

N'oubliez pas l'épouse affligée

son désir était de s'arroger la supériorité sur les autres , ce dont on allégua même pour preuve la manière dont il se faisait attendre en ce moment. Cliacun cherchait à se fortifier dans sa mauvaise opinion, et s'en justifiait à ses propres yeux en interprétant le plus défavorablement possible les circonstances les plus favorables, et tout cela peut-être parce que chacun sentait qu'il avait un respect d'instinct pour le roi d'Angleterre, et qu'il lui faudrait des efforts plus qu'ordinaires pour le surmonter.

En conséquence, il avait été convenu qu'on le recevrait à son arrivée sans beaucoup d'attention, et qu'on ne lui témoignerait que les égards strictement nécessaires pour observer les formes d'un froid cérémonial. Mais quand on vit cette noble taille, ce visage vraiment royal, pâli par sa dernière maladie, cet œil que les ménestrels avaient appelé Tastre brillant des batailles et de la victoire; quand on se rappela ses exploits surpassant toutes les idées qu'on pouvait se former de la valeur humaine, chacun se leva; le jaloux monarque de la Prance et le sombre et mécontent archiduc d'Autriche se levèrent même comme les autres, et tous ces princes assemblés poussèrent le cri unanime : — Vive le roi Richard d'Angleterre ! Longue vie au Taillant Cœur-de-Lion !

Avec une physionomie qu'un poëte d'Orient aurait comparée à l'astre des cieux quand il écarte les vapeurs du midi, Richard distribua ses remerciements à la ronde, et se félicita de se retrouver de nouveau parmi les princes croisés.

— Il désirait, dit-il, adresser quelques mots à l'assemblée, quoique sur un sujet indigne de l'occuper, puisqu'il s'agissait de lui-mênie, même au risque de retarder de quelques minutes leurs délibérations pour le bien de la chrétienté et le succès de la croisade.

Les princes reprirent leur place sur leurs sièges, et il se fit un profond silence.

— Ce jour est une grande fête de l'église, continua le roi d'Angleterre, et il convient à des chrétiens , à une pareille époque , de se réconcilier les uns aux autres, et de se confesser leurs fautes. Nobles princes, près de cette sainte expédition, Richard est un soldat ; son bras agit mieux que sa langue ne parle, et sa langue n'est que trop habituée au brusque langage de son métier. Mais que quelques discours bouillants ou quelques actions inconsidérées de Plantagenet , ne vous fassent pas abandonner la noble cause de la déhvrance de la Palestine. Ne renoncez pas au renom terrestre et au salut éternel que vous pouvez mériter ici , si l'homme peut jamais les mériter, parce que la conduite d'un soldat a été trop impétueuse, parce que

ses discours ont eu la rudesse de ce fer dont il a été couvert depuis sou eufance. Si Ricliard est coupable à l'égard d'aucun de vous, Ricliard est prêt à lui en faire satisfaction par ses paroles et par ses actions. Mon noble frère de France, ai-je été assez malheureux pour vous offenser?

— Le roi de France n'a aucune réparation à demander au roi d'Angleterre, répondit Philippe avec une dignité vraiment royale, en acceptant la main que Richard lui offrait. Quelque parti que je puisse prendre relativement à la poursuite de cette entreprise, il me sera suggéré par des considérations tirées de l'intérêt de mes propres états, et non certainement par aucune jalousie contre mon digne et très-valeureux frère.

— L'archiduc d'Autriche, dit Richard en s'avançant avec un mélange de franchise et de dignité vers Léopold , qui se leva comme involontairement, et en automate dont les mouvements dépendent de la pression de quelque ressort intérieur ; — l'archiduc d'Auti'iche croit avoir droit de se regarder comme offensé par le roi d'Angleterre; le roi d'Angleterre croit avoir sujet de se plaindre de l'archiduc d'Autriche ; qu'ils se pardonnent mutuellement , pour maintenu' la paix de l'Europe et entretenir la concorde dans cette armée. Nous sommes tous aujourd'hui les défenseurs d'une plus noble bannière qu'aucune de celles qu'ait jamais fait arborer aucun monarque de la terre, — la bannière du salut. Qu'il n'y ait donc point de querelle entre nous pour le symbole de nos dignités mondaines ; mais que Léopold rétabUsse en sa place la bannière d'Angleterre, si elle est en son pouvoir, et Richard dh^a, sans autre motif que par respect pour la sainte église, qu'il se repent de la manière précipitée avec laquelle il a insulté l'étendard d'Autriche.

Léopold resta silencieux, l'air morne et sombre, les yeux baissés, et tous ses traits annonçant un mécontentement étouffé qu'une crainte respectueuse , mêlée de gaucherie, l'empêchait d'exhaler en paroles.

Le patriarche de Jérusalem se hâta de rompre ce silence embarrassant en déclarant que l'archiduc d'Autriche s'était disculpé par serment solennel de toute connaissance directe ou indirecte de l'acte d'agression qui avait été commis contre la bannière d'Angleterre.

— En ce cas, dit Richard, nous avons été souverainement injuste envers le noble archiduc ; nous lui demandons pardon de l'avoir accusé d'un outrage aussi lâche, et nous lui offrons la main en signe de renouvellement de paix et d'amitié. — Que veut dire ceci? Léopold refuse de toucher notre main nue, comme il a refusé auparavant de

toucher notre gantelet ! quoi ! nous ue pouvons donc être ni son compagnon en paix ni son antagoniste en champ clos ! Eh bien, soit ! nous prendrons le peu d'estime qu'il nous accorde comme une pénitence de la faute que nous avons commise contre lui dans un moment d'eflervescence , et en conséquence nous regarderons ce compte comme soldé.

A ces mots il se détourna de l'archiduc avec un air de dignité plutôt que de mépris. Léopold , en le voyant s'éloigner, semblait respirer plus librement, comme un écolier en faute lorsque le regard sévère de son pédagogue cesse de se fixer sur lui.

— Noble comte de Champagne, continua Richard, — prince marquis de 3Iontserrat, vaillant grand-maître des Templiers, je suis ici un pénitent dans le confessionnal : quelqu'un de vous a-t-il une accusation à porter contre moi, une réparation à me demander?

— Je ne sais quel pourrait en être le motif, répondit Conrad à la langue dorée , si ce n'est que le roi d'Angleterre accapare toute la gloire que ses pauvres frères d'armes espéraient remporter de cette expédition.

— Mon accusation , si je suis appelé à en faire une , dit le grandmaître des Templiers, est jîIus grave et plus importante que celle du marquis de Montserrat. On peut trouver qu'il convient mal à un religieux militaire tel que moi d'élever la voix quand tant de nobles princes gardent le silence ; mais il y va de l'honneur de toute l'armée , et même de celui de ce noble roi d'Angleterre, qu'il entende quelqu'un lui dire en face ce dont tant d'autres sont disposés à se plaindre en son absence. Nous louons et nous estmions le courage et les hauts faits du roi d'Angleterre ; mais nous sommes fâchés de le voir en toute occasion prendre et soutenir sur nous une préséance que des princes indépendants ne peuvent tolérer sans se dégrader. Nous pourrions faire de notre plein gré de grandes concessions à sa bravoure , à son zèle, à sa richesse, à son pouvoir ; mais celui qui s'empare de tout comme de plein droit, qui ne laisse rien à notre devoir, à notre courtoisie et à notre valeur, nous traite moins comme ses alliés que comme ses vassaux , et souille aux yeux de nos soldats et de nos sujets le lustre d'une autorité qui n'est plus indépendante. Puisque le roi Richard nous a demandé la vérité, il ne doit être ni surpris ni courroucé de s'entendre répondre avec franchise par un homme à qui les pompes du monde sont interdites, pour qui l'autorité séculière n'est rien quand elle ue peut contribuer à la prospérité du temple de Dieu et à la chute du lion qui rôde sans cesse cherchant une proie à dévorer. Ces vérités que j'ose dire, à l'instant

même où je parle, sont confirmées par le témoignage du cœur de

tous ceux qui m'entendent, quoique le respect leui' ferme la bouche.

Les joues de Richard se couvrirent d'une vive rougeur pendant que le grand-maitre faisait cette attaque précise et directe contre sa conduite ; et le murmure sourd qui se fit entendre dans l'assemblée à la fin de ce discours lui prouva évidemment que la justice de l'accusation était admise par tous ceux qui étaient présents. Irrité et mortifié en même temps, il sentit pourtant que, s'il s'abandonnait à l'impétuosité de son ressentiment, il donnerait au sang-froid de son accusateur l'avantage qu'il ambitionnait. Faisant donc un violent effort sur lui-même, il garda le silence jusqu'à ce qu'il eût récité mentalement un Pater noster, ce que son confesseur lui avait enjoint de faire toutes les fois qu'il se sentirait prêt à céder à un mouvement de colère. Prenant ensuite la parole, il s'exprima avec calme, quoique non sans un mélange d'amertume , surtout au commencement de son discours.

— Est-il donc bien vrai? nos frères ont-ils pris tant de peine pour découvrir les infirmités de notre nature et la brusque précipitation de notre zèle, qui nous a quelquefois porté à donner des ordres quand le temps ne permettait guère de délibérer ? Je n'aurais pas cru que des offenses faites par hasard et sans préméditation comme les miennes eussent pu faire une impression aussi profonde sur le cœur de mes alliés dans cette sainte cause. Non, je n'aurais pu croire qu'ils voulussent , à cause de moi , retirer leur main de la charrue quand le sillon est presque entièrement tracé ; qu'ils songeassent, à cause de moi, à tourner le dos au chemin qui conduit à Jérusalem, chemin ouvert parleur glaive. Je me suis vainement flatté que mes faibles services pourraient couvrir les erreurs de mon impétuosité ; j'ai vainement espéré que, si l'on se souvenait que je pressais d" aller en avant dans un assaut, on n'oubherait pas que j'étais toujours le dernier dans une retraite. Oui, si j'élevais ma bannière sur le champ de bataille abandonné par l'ennemi, c'était le seul avantage que je cherchais, tandis que les autres se partageaient les dépouilles. Je puis avoir donné mon nom à une ville conquise , mais j'en cédais la souveraineté aux autres. Si j'ai donné des conseils téméraires et audacieux, je n'ai, je crois, épargné ni mon sang ni celui de mes soldats quand il s'agissait de les exécuter. Si j'ai, dans la précipitation d'une marche ou la confusion d'une bataille, pris quelque autorité sur les soldats des autres, je les ai toujours traités comme les miens en leur faisant distribuer les provisions et les remèdes que leurs propres chefs ne pouvaient leur procurer. Mais je rougis de vous rappeler ce

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que "VOUS paraissez tous avoir oublié ; occupons-nous plutôt des mesures que nous avons à prendre; et croyez-moi, mes nobles frères, ajouta-t-il le visage enflammé d'ardeur, — ni l'orgueil, ni la colère, ni l'ambitiou de Richard ne seront pour vous des pierres d'achoppement sur le chemin où la rehgion et la gloire vous appellent comme avec la trompette d'un archange. Oh ! non , non, jamais je ne survivrais à la pensée que mes faiblesses et ma fragihté eussent tranché le nœud qui réunit cette sainte assemblée de princes. Ma main droite s'armerait pour trancher ma main gauche si je pouvais par là vous donner une preuve de ma sincérité. Je céderai volontairement tout droit de commander dans l'armée , même à mes propres sujets ; ils seront sous les ordres de tel chef que vous voudrez leur donner ; et leur roi , qui n'est que trop disposé à changer le bâton de commandant contre la lance de l'aventurier, combattra sous la bannière de Beauséant parmi les Templiers, même sous celle de l'archiduc d'Autriche , si l'archiduc veut nommer un homme brave pour commander ses forces. Ou, si vous êtes las de cette guerre, si votre armure TOUS paraît trop pesante , laissez à Richard dix ou quinze mille de vos soldats pour l'accomplissement de votre vœu, et quand Sion sera à nous , s'écria-t-il en secouant le bras comme s'il eût déployé l'étendard de la croix sur les murs de Jérusalem; quand Sion sera à nous , nous inscrirons sur ses portes , non pas le nom de Richard Plantagenet, mais celui des généreux princes qui lui auront fourni les moyens de s'en emparer.

L'éloquence sans apprêt du monarque guerrier, son air d'audace et de résolution, relevèrent l'esprit abattu des croisés, ranimèrent leur dévotion, et, en fixant leur attention sur le principal objet de leur entreprise, firent que la plupart des princes qui étaient présents au conseil rougirent d'avoir cédé à l'influence de motifs de plaintes aussi frivoles que ceux qui les avaient occupés auparavant. Le feu des yeux de Richard se communiqua aux autres ; et sa voix rendit à d'autres voix le courage de se faire entendre. Le cri de guerre qui avait répondu aux sermons de Pierre-l'Ermite retentit sous la tente, et l'on s'écria de toutes parts : — Conduisez- nous, brave Cœur-de- Lion ; personne n'est plus digne de guider les braves prêts à vous suivre. Conduisez-nous ! — A Jérusalem ! à Jérusalem ! c'est la volonté de Dieu ! bienheureux celui dont le bi'as pourra coopérer à l'exécuter !

Ces cris soudains se firent entendre audelà du cercle des sentinelles qui gardaient le pavillon dans lequel le conseil était assemblé; ils furent unanimement répétés parmi les soldats, dont l'inaction ,

les maladies et rinfluence du climat avaient commencé à abattre le courage; la vue de Richard rendu à la santé et la voix bien connue des autres chefs rallumèrent l'enthousiasme des croisés : au loin retentirent ces cris de la bravoure et de l'exaltaliou religieuse : — Sion ! Sion! Guerre ! guerre aux infidèles ! à l'instant, à l'instant! Dieu le veut ! Dieu le veut !

Ces acclamations du dehors réagirent sur le courage renaissant de ceux qui étaient sous la tente du conseil. Ceux que la flamme n'avait pas atteints craignirent, du moins pour le moment, de paraître plus froids que les autres. Il ne fut plus question que de marcher hardiment sur Jérusalem dès que la trêve serait expirée, et en attendant de prendre les mesures nécessaires pour approvisionner et recruter l'armée. Le conseil se sépara. Tous ceux qui y avaient assisté paraissaient enflammés d'une même ardeur; mais elle s'éteignit bientôt dans le cœur des uns, et elle n'avait jamais réellement existé dans celui des autres.

Parmi cette dernière classe étaient le marquis de I^Iontserrat et le grand-maître des Templiers , qui se retirèrent ensemble fort mal à l'aise, et mécontents des événements de la journée.

— Je te l'ai toujours dit, répéta le dernier avec l'expression de froideur sardonique qui lui était particulière, — je te l'ai toujours dit, que Richard se tirerait de tes misérables pièges aussi facilement qu'un lion passerait à travers une toile d'araignée. Tu vois qu'il n'a qu'à parler, et son souffle agite ces fous inconstants aussi aisément que le tourbillon disperse les brins de paille ou les balaie dans la même direction.

— Mais quand le tourbillon a passé, répondit Conrad, les brins de paille retombent à terre.

— Mais ne vois-tu pas d'ailleurs, reprit le Templier, que si ce projet renouvelé de conquêtes est abandonné, que si chacun de ces puissants princes se trouve libre d'agir comme son étroit cerveau le lui suggérera, Richard n'en deviendra pas moins roi de Jérusalem, en vertu d'un traité avec le Soudan , en acceptant précisément les conditions que tu croyais devoir le révolter?

— Par Mahomet et par Termagant! s'écria Conrad, — car les serments chrétiens sont hors de mode, — oses-tu dire que l'orgueilleux roi d'Angleterre consentira à aUier son sang à celui d'un sultan païen? Ma politique a jeté cet ingrédient dans la coupe, afiii que le breuvage qu'elle contient lui occasionnât des nausées; il serait aussi fâcheux pour nous qu'il devint notre maître par un traité que par une victoire.

— Ta politique a fait un faux calcul, et n'a pas su juger celle de Richard; je connais ses intentions, d'après un mot que Tarchevèque m'a dit à Toreille. — Et ton coup de maître relativement à la bannière? il n'a pas fait plus de bruit que n'en méritaient quelques aunes de soie brodée. Marquis de Montserrat , ton esprit commence à ne plus être d'aplomb. Je ne me fierai plus à tes mesures de finesse; j'essaierai des mienne. Connais-tu ces gens que les Sarrasins nomment Charegites?

— Sans doute , ce sont des enthousiastes , des fanatiques désespérés qui dévouent leur vie au maintien de leur religion, des espèces de Templiers musulmans , si ce n'est que rien ne les arrête dans l'exécution de leurs vœux.

— Ne plaisante pas; sache qu'un de ces hommes a fait vœu d'immoler ce monarque insulaire , comme le principal ennemi de la foi musulmane.

— C'est un païen judicieux; puisse Mahomet lui accorder son paradis pour récompense !

— 11 a été arrêté dans le camp par un de mes écuyers ; et dans un interrogatoire secret il m'a franchement avoué son vœu et sa détermination.

— Que le ciel pardonne à ceux qui ont empêché l'exécution des desseins de ce judicieux Charegite !

— Il est mon prisonnier ; il ne peut avoir de communication avec personne, comme tu peux bien le supposer; mais plus d'un captif s'est évade de prison.

— Sans doute : une chaîne est mal assurée, et le prisonnier s'échappe. C'est une vieille maxime qu'il n'y a de prison sûre que le tombeau.

— Une fois en hberté, il reprendra son projet ; car il est dans la nature de cette espèce de chiens de ne jamais perdre la piste de leur proie.

— Ne m'en dis pas davantage, grand-maître; je vois ta politique j elle est terrible, mais la circonstance est urgente.

— Je ne t'en parle que pour que tu te tiennes sur tes gardes, car l'explosion sera effrayante, et l'on ne peut savoir sur qui les Anglais feront tomber leur rage. Il y a même un autre risque. Un de mes pages connaît les projets du Charegite : un drôle impertinent et volontaire dont je voudrais être débarrassé, parce qu'il se donne les airs de voir par ses propres yeux au lieu de s'en rapporter aux miens. Heureusement notre saint ordre me donne les moyens de remédier à cet inconvénient. Ou bien... un moment! oui, le Chare-

gite peut trouver un bon poignard dans son cachot , et je garantis qu'il en fera bon usage la première fois que le page lui portera sa nouiTiture.

— Cela donnera une couleur à l'affaire , dit Conrad. Cependant...

— Cependant et mais, répliqua le Templier, sont des mots à l'usage du fou. Le sage n'hésite ni ne se rétracte; il prend une résolution , et il l'exécute.

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