‹ Richard II (volume 2)Chapitre 38 sur 92 · Froissart, II · texte numérisé non relu

Froissart, II

épieux pussent soutenir la lutte. Ils reculaient pour éviter les coups, et ceux qui étaient dans le milieu, perdant force et haleine , tombaient étouffés sans coup férir. Ce fut bientôt sur les trois faces une immense boucherie. Les haches, les maillets de fer ou de plomb faisaient alors leur office : « Ils rompoient bassinets et décerveloient têtes. » Un homme abattu était mort; les valets, se glissant parmi les gens d'armes, se chargeaient de ceux qui étaient par terre, etf les achevaient de leurs grands couteaux. « Là, ajoute Froissart, étoit le cliquetis sur ces bassinets si grand et si haut, d'épées, de haches, de plombées et de maillets de fer, que on y oyoit goutte pour la noise (le bruit). Et ouïs dire que si tous les haulmiers de Paris et de Bruxelles fussent ensemble, leur métier faisant, ils n'eussent pas mené ni fait plus grand noise comme les combattans et les férans (frappants) sur ces bassinets faisoieat\ »

Arteveld était de ceux qui avaient été étouffés dans la bataille' (jeudi, 27 octobre 1382).

La bataille de Rosebecque tranchait la question des révoltes populaires. Une victoire des Flamands leur eût partout rendu puissance. C'était au moins la crainte universelle, crainte justifiée par la consternation qui régna dans Paris quand on sut les Flamands déconfits, et Philippe d' Arteveld, leur capitaine, tué. Partout

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