LES PRÉCÉDENTS, WEBERBY, MONTAGU
RICHARD, allant au devant de Weberby.
Ah ! bonjour, docteur... Eh bien ?... la reine est-elle mieux ?
WEBERBY, hésitant.
Milord...
Je suis un homme, docteur; je suis prêt à tout, parlez.
"WEBERBY.
La reine ne passera pas la nuit.
Est-il possible?... ma pauvre femme !
WEBERBY.
Votre Grâce m'avait ordonné de lui parier sans ménagements»
Vous avez bien fait. Le mal est-il sans remède ?
WEBERBY.
Je le crains, milord; c'est un mal dont les ravages inexplicables déroulent la science... Il n'y a que le poison...
RICHARD, rinterrompant.
Le poison? y pensez-vous?
WEBERBY.
Je ne hasarde qu'avec timidité...
Ma pauvre femme !
WEBERBY.
Je ne hasarde qu'avec timidité...
Du poison?... Ma mère se meurt de vieillesse! Pourquoi ne pas supposer que c'est aussi par le poison? Je vous connais ce travers, Weberby... En .vérité , vous êtes fou... La reine Anne n'a pas d'ennemis... Votre science s'égare en d'outrageantes conjectures... Allons, c'est bien, laissez-nous. Du poison!... C'est bien, laissez-nous... — Que ce mot de poison ne sorte jamais de votre bouche. Ma pauvre femme !...
WEBERBY.
Je supplie Votre Grâce de me pardonner la maladresse de mes soupçons.
MONTAGU, retenant Weberby.
Un instant, Weberby. (Au roi.) Votre bonté naturelle vous aveugle, milord. Mais je suis proche parent de la reine, Je provoquerai une enquête.
RICHARD, s'emportant.
Tu es un traître, toi , tu es du parti de Richemond ! [Criant.) A moi, milords, à moi! (Les affidés de Richard entrent.)