SCÈNE X
LES MÊMES, SIR JOHN SLANGHTER, puis LES
BARONS
RICHARD, à sir John.
Sir John, vous arrivez a propos.
SLAiSGHTER.
Milord, Montagu s'est évadé, Montagu est en fuite !
Vous arrivez a propos, vous dis-je. Je suis en train d'arrondir votre fortune. [Allant au fond et parlant à la cantonnade.) Eh! venez donc, milords! (Tous les barons entrent de gauche. Scroop^ Rutland sont parmi eux .) — Quand vous aurez bu tout le brouillard de Londres, je n'en serai pas plus gras ni mieux servi. — Qu'on aille prévenir les desservants de Westminster qu'ils aient à tenir prête la petite chapelle de l'abbaye; nous avons un mariage à célébrer. — Oui,milords: sir John Slanghter aime miss Betty...
Moi?
L'ai-je rêvé?
Non, milord, non!
Sir JOHN, surpris.
Sir JOHN, comprenant.
RICHARD, conliniianl.
Wiss Betly l'adore, je les marie.
LA REINE
Ma fille!
ELISABETH
C'est une de ces bouffonneries auxquelles on ne s'alLend pas, miiord. Cet homme peut se nommer sir John Slanghter, mais vous oubliez mes litres et mon rang : je suis Elisabeth, fille et héritière d'Edouard W , Elisabeth d'York dont voiis occupez le trône, mais qui n'en est pas moins lille de roi et reine d'Angleterre.
Je l'ai cru jusqu'ici; et c'est avec regret que je repousse cette illusion.
LA REINE
Que voulez-vous dire?
Eh ! ma sœur, remettez-vous... voire pâleur vous dénonce plus vite que je ne veux.
Ma vie est sans lâche, miiord. On peut la mettre au grand jour sans que j'aie k en rougir.
Vous êles une sainte, ma sœur; et personne ne le nie ici; mais un instant on en a doulé.
LA REINE
Quoi ? comment? de quelle infamie m'accuse-l-on?
A quoi bon tant frémir pour une espièglerie.