SCÈNE XIV
SGROOP, LA REINE, ELISABETH
LA REINE, accourant.
Quel esl ce cri, OÙ est ma fille?
SCROOP, à Elisabeth, qui vient d'entrer, et l'amenant à sa mère.
Princesse, la reine vient de vous appeler sa fille !
ÉLISARETH, se jetant dans les bras de sa mère.
Ma mère !
LA REINE
Mon enfant!
SCROOP, à part.
Le dernier cri d'un homme est terrible ! Mais n'importe, je suis payé.
LA REINE, à Scroop.
Tu n'es donc pas l'agent de Richard ?
SCROOP
L'agent de Richard ? {f^ivement après avoir regardé autour de lui.) Oui, je suis son agent, mais l'agent étrange qui ronge les mailles du réseau dans lequel il vous enveloppe, et retourne contre lui le Irait qu'il vous destine!... Je donnerais mon bras droit pour vous servir autrement , mais je n'ai pas le choix des moyens : j'ai en face de moi un colosse de perfidie et de ruse; je le combats avec ses propres armes. J'ai juré a Richemond que vous seriez sa compagne; j'ai juré que vous traverseriez toutes deux une partie de l'Angleterre, et que je vous condui-
rais, triomphantes, dans son camp : Ricliemond a abordé celle nuit à Milford-Haven, il nous attend. Êtes-vous prêtes ? Richard m'a choisi pour être votre bouffon, me croyez-vous digne d'être votre serviteur ?
Oui, oui!...
Mais qui es-tu enfin, qui es-tu ?
SCROOP
L'homme qui vous montrerait le sceau des Tudor et la croix de Marguerite d'Anjou, celui-là serait-il reconnu par vous?
LA REINE
Oui!
SGROOP.
Et vous le suivrez?
LA REINE
Oui, car il n'y a qu'un homme a qui Ricliemond ait pu confier ses reliques, c'est...
SCROOP
Ne dites pas son nom, ne le confiez même pas aux échos, ce serait presque une dénonciation. (// lui montre les objets.) Voyez !
LA REINE, tombant à genoux.
Merci, mon Dieu, merci ! (Se levant.) Nous te suivrons !
SCROOP
Je vais m'assurer si personne ne nous observe,
(Il sort.)
LA REINE, à sa fille.
Dieu a eu pitié de nous, ma fille!
ELISABETH
Je le reverrai !