‹ Richard IIIChapitre 188 sur 259 · HAWKINS, NELLY · texte numérisé non relu

HAWKINS, NELLY

(Nelly brode ; Hawkiiis est à son fourneau et travaille.)

HAWKINS, travaillant.

Voyez un peu si cet écervelé de William reviendra avec mes .plantes qu'il a à broyer.

NELLYj allant embrasser Hawkins.

Mon bon père I

HAWKINS. souriant.

Tu vas me demander quelque chose?

NELLY

ïu devines ce qu'on ne veut pas le cacher. Tu as assez travaillé. Viens-l'en au Préaux-Jeux montrer ta fille. J'ai besoin d'air. C'esl à mourir de vivre ainsi comme un lézard dans son mur. Viens!

HAWKINS

C'est bien facile à tromper un vieillard j mais faut-il savoir

mentir, encore... Tous les soirs lu inventes la même raison; je prends mon manteau et nous sortons. Mais au fond du cœur je me dis : Heureux vieillard, tu ne le tueras pas au travail, car ta (ille veille sur loi !

NELLY.

Allons, viens! ^,

HAMTLINS.

Non, demain! {Il se remet à travailler; appelant.) William!

NELLY

C'est avec ton sang que tu réchauffes tes idées; c'est avec la vie que lu fécondes la science... ah ! prends garde.

HAWKINS

La science ?... les heures que je lui donne seront comptées au centuple à nos neveux. Je te l'ai dit, je crois fermement qu'il sera donné un jour à l'homme, non pas de vaincre la mort, mais de retarder son triomphe. ( Montrant un des flacons, ) Qu'est-ce que ce narcotique? N'esl-ce pas la mort ou la vie à mon gré? n'est-ce pas la mort qui n'est pas la mort, mais qui est plus que le sommeil ? Le vulgaire dira : ingrédient d'alchimiste!... Eh! qu'importe, enfant, qu'importe ! c'est un coin du voile divin relevé, c'est un pied posé dans le domaine mystérieux et sinistre de ce stupide tyran que l'on nomme la mort! (/Ipjpe/an^.} William, William!

(William enlise un mortier à la main.)

'SCÈNE n.

LES PRÉCÉDENTS, WILLIAI\i.

HAWKINS, prenant le mortier.

Tu as clé long, mon enfant.

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