ACTE II, SCÈNE X
n'esl pas un cœur candide et pur, c'est une furie qui puisse dormir en paix sous ton toit, dans l'enivrement de tes cruautés !
LA REINE, suppliante.
Ma tille! maûlle!
ELISABETH, passant à sa mère.
Crois-tu que j'ignore son règne, ou si ce n'esl pas la mémoire qui me manque, crois-tu que ce soit le cœur ?
LA REI>E
Ma fille !
ELISABETH
Non, je démentirais ma race par mon silence!
LA REINE, voulant entraîner Richard.
Ah ! ma fille est folle, milord, elle est folle ! Venez !
(Richard saisit brusquement la reine par le bras, la fait passer à sa gauche et écoute froidement Elisabeth. )
ELISABETH
Oui, tu t'es fait du meurlre une habitude et une disiraclion; oui, tu as tué mes deux frères, Edouard et Richard; oui, lu as tué mon oncle Rivers, tué mon oncle Clarence, ton frère; tu l'es fait un marchepied de cadavres pour escalader ce trône que lu viens m'offrir, a moi dont le cœur est morcelé par les crimes... Oh! l'insensé tyran! la vapeur du sang t'a enivré ! Je suis heureuse de pouvoir te le dire en face : je ne te hais pas, je te méprise; je ne te hais pas, je te brave; je ne te hais pas, je le chasse!
LA REINE, tombant aux pieds du roi.
Mon frère ! mon frère !
RICHARD, froidement.
Vous élevez bien vos enfants, ma sœur !
Elle est perdue !
ELISABETH
Nous sommes vengées!... Si tu en doutes, regarde sa pâleur !
Je suis affligé de ma défaile, ma sœur, Belty a élé violente et emportée, mais ne tremblez pas, vous vous êtes assuré un protecteur en moi... — vous aussi Betly. Vous avez des goùls modestes qui vous font repousser l'alliance d'un roi comme une honle, je veux vous mettre à même de les satisfaire.
(Arrive sir John Slanghter.)