‹ Richard IIIChapitre 49 sur 259 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

LA REINE, ELISABETH, SGROOP, datis le fond, montant

sa faction.

ELISABETH, courant à sa mère.

Tu peux t'expliquer mai nlenant, tu n'es plus sous la griffe de ce tigre qui t'épouvante! Oh! ouvre-moi tes bras, embrassemoi, oh! appelle-moi ta fille... oui, ta fille... car tu es bien ma mère, toi! ma bonne mère dévouée, celle qui m'aurait fait un tapis de son corps pour rendre le chemin plus doux à mes pieds... Oh! oui, ma mère, ma mère!

(Elle veut l'embrasser.) LA REINE, la repoussant.

Va-t'en!

ELISABETH

Tu me repousses? Je suis folie, je ne voyais pas Scroop. Tu

crois qu'il nous épie, n'est-ce pas? Eh bien ! regarde-moi,

j'entendrai ton regard ; souris-moi, je comprendrai ton sourire ?

LA REINE, la repoussant, à part.

Oh! quel supplice!

ELISABETH

Encore? Tu me repousses, et tu ne pleures pas? (^vec désespoir.) Ah ! tu n'es pas ma mère !

LA REINE, bouleversée.

Elisabeth !

ELISABETH

Ah ! tu m'as parlé !... je te retrouve !

LA REINE, se dominant.

Moi?... on ne pousse pas plus loin l'aveuglement.

ELISABETH

Ah! mon Dieu!... est-ce bienvous que j'entends, madame?... "Vous pouvez me parler avec celte sécheresse et cet air glacé?

LA REINE, à part.

Si je pouvais l'embrasser !

J'ai donc rêvé jusqu'ici ! — J'ai gardé trois semaines le lit, et durant ce temps, une femme n'a pas bougé de mon chevet, pâle et désespérée, plus pâle de ma douleur et plus désespérée

4S niGHARI) III.

de rna mort que moi-même.., j'avais cru vous reconnaître, c'était un rêve !...

LA REINE, à part.

Mon Dieu!

ELISABETH, continuant.

Une autre fois, je courais dans le jardin, j'avais douze ans; un caillou me roula sous les pieds, et me fit tomber contre un arbre; je me relevai avec une goutlelelte de sang au front... Alors j'aperçus une femme qui accourait a mon secours... et, à l'aspect de mon sang, cette femme chancela et s'affaissa sur le sol avec un cri d'angoisse... J'avais cru vous reconnaître, c'était un rêve!

LA REIKE, à part.

J'étouffe!

ELISABETH

.Un rêve aussi, que vos baisers; un rêve aussi, que vos joies et vos soins! — Allons, c'est bien, je suis la fille d'un brasseur! 0 ma mère, où es-tu ? (Avec déchirement.) Oh ! je le maudis de m'avoir déshériléedeton amour!

(Elle se laisse tomber dans un fauteuil.) LA REINE, avec douleur.

Mon Dieu! mon Dieu! mon Dieu!

SCROOP, à part.

Dieu n'est pas le complice de Richard ! {A Elisabeth.) Sir John Slanghter !

Jamais! jamais!

ELISABETH

(Elle se sauve.)

SCROOP, à la reine.

Madame, daignez vous éloigner un moment! (Mouvement dliésitation de la reine). Ayez confiance en moi, madame... je vous en supplie.

(La reine s'éloigne en le regardant avec étonnement. — Sir John Slanghter entre.)

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