‹ Richard IIIChapitre 50 sur 259 · ACTE II, SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XIII

SIR JOHN

On ne se marie pas tous les jours. Où est la princesse?

SCROOP

La princesse ?. . . [Gravement.) Là, sérieusement, la nciain sur la conscience et devant Dieu, vous l'épouserez?

J'aurais mieux aimé rtiôîesse de la taverne d'à colé. Mais a la guerre comme à la guerre.

SCROOP

C'est cela, on prend ce qu'on trouve. — Ainsi , vous y êtes décidé, vous l'épouserez ?

SIR JOHN

Il le faut bien.

SCROOP

Et l'on vous a remis l'acte de déchéance ?

SIR JOHN

Oui, je l'ai la.

SCROOP, le palpant.

Là, sur votre cœur?... c'est vrai! — Ainsi vous allez dire adieu k Londres, à Baynard, à toutes les tavernes appétissantes et mal famées de la cité et aux joyeuses commères de Lud-Gate?

SIR JOHN

Que veux-tu ? j'aurai deux mille couronnes el une bonne ferme pour me consoler.

SCROOP

Deux mille couronnes et une bonne ferme, ça ne se trouve guère dans les pas... de la vertu. (Montrant le tableau de droite). Voilà un certain seigneur qui n'a pas l'air d'être de mon avis... {Lui prenant le bras) ni du vôtre, sir John.

SIR JOHN

Je te crois. C'est un Wydeville, à qui l'on avait confié un coffret rempli d'or et de pierres précieuses; il a mieux aimé mourir de faim sur un grabat que d'y toucher. L'imbécile ! Adieu.

SCROOP, le retenant.

Elle va venir. Vous êtes amoureux. Mais si violent que soit votre amour, vous laisserez bien à votre fiancée le temps de changer d'habits. Vous n'aimez donc pas la peinture?

La peinture ? Si , si !

SCROOP, montrant le tableau de l'oubliette. Tenez, voila un chef-d'œuvre. Vous connaissez cette histoire? Approchons, vous verrez mieux.

SIR JOHN

J'en ai une vague idée... C'est un fou.,.

SCROOP

- Sir John, vous n'y êtes pas. C'est une histoire curieuse et qui mérite toute votre attention.

SIR JOHN

Histoire curieuse, histoire longue. J'écouterai après la noce.

SCROOP, le retenant.

Non, c'est l'affaire de deux minutes. (Montrant le tableau.) Ce fou n'est rien moins qu'un gentilhomme qui a pris ce déguisement pour sauver deux femmes que poursuivait un tyran.

SIR JOHN

Ah! c'est juste, la mémoire me revient...

SCROOP

Tout en parlant avec ce misérable...

SIR JOHN

Il pose la main sur un boulon...

SCROOP, posant la main sur le bouton.

Caché dans la colonne.

SIR JOHN

Puis...

SCROOP, le poussant dans l'oubliette.

Voilà!

SIR JOHN, poussant un cri en disparaissant. Ahî...

(Scroop ferme l'oubliette.) SCROOP.

Ah ! le dernier cri d'un homme est terrible.

(La reine etlady Elisabeth accourent en désordre et sans se voir.)

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