ACTE liJ, SCÈNE II
mentir encore?... Tous les soirs lu inventes la même raison; je prends mon manteau et nous sortons ; mais au fond du cœur je me dis : Heureux vieillard, tune te tueras pas au travail, car ta fille veille sur toi !
NELLT.
Allons, viens!
HÀWKINS.
Non, demain! {Il se remet à travailler; appelant.) William!
NELLY
C'est avec ton sang que tu réchauiïes tes idées, c'est avec la vie que lu fécondes la science... ah ! prends garde.
HAWKmS.
La science ?... les heures que je lui consacre seront comptées au centuple à nos neveux. Je crois fermement qu'il sera donné un jour à l'homme, non pas de vaincre la mort, mais de retarder son triomphe. ( Montrant un des flacons. ) Qu'est-ce que ce narcotique? N'esl-ce pas la mort ou la vie à mon gré? n'est-ce pas la mort qui n'est pas la mort, mais qui est plus que le sommeil ? Le vulgaire dira : ingrédient d'alchimiste!... Eh! qu'importe, enfant, qu'importe ! c'est un coin du voile divin relevé, c'est un pied posé dans le domaine mystérieux et sinistre de ce slupide tyran que l'on nomme la mort! [Appelant.) ^Ni\\ia.m, William!
(William entre un mortier à la main.)