Paris, 13 Nov
Chère et fidèle enfant! Belle et douce âme! Merci pour vos amitiés!
Aussi souvent que possible vous recevrez un court bulletin de moi.
Cela va — très lentement — mais cela va de nouveau. De la première semaine de ma maladie^ je n'ai presque pas souvenir. Maintenant, peu à peu, cela s'éclaircit. Pendant plusieurs jours je fus presque aveugle. A présent, je suis extraordinairement faible: étonnamment amaigri, avec des yeux rentrés dans la tête. Que j'éprouve toujours au fond une sensation de douleur, vous le savez: seule, toujours, l'excitation nerveuse a pu m'étourdir; à présent que je dois éviter toute excitation, vous pouvez vous imaginer ce qui me reste! —
Cependant j'ai encore trop de choses devant moi, et bientôt la vie va de nouveau s'emparer de mon être tout entier!
Hier, on m'a conduit en voiture aux Champs- Elysées et l'on m'a fait faire une petite promenade au soleil. Cela m'a réussi. Je vais reprendre! Aussi ai-je retrouvé la patience. . . .
Dans mon nouvel et modeste appartement, les trois gravures de Rome pendent encadrées au-dessus et auprès de mon divan!
* Voir Glasenapp, II, 2, 282.
Adieu pour aujourd'hui! Je ne puis écrire
davantage!... Merci! mille fois! Cordiale et
profonde fidélité! . . .