‹ Richard Wagner à Mathilde WesendonkChapitre 18 sur 52 · Paris, 13 Nov · texte numérisé non relu

Paris, 13 Nov

Chère et fidèle enfant! Belle et douce âme! Merci pour vos amitiés!

Aussi souvent que possible vous recevrez un court bulletin de moi.

Cela va — très lentement — mais cela va de nouveau. De la première semaine de ma maladie^ je n'ai presque pas souvenir. Maintenant, peu à peu, cela s'éclaircit. Pendant plusieurs jours je fus presque aveugle. A présent, je suis extraordinairement faible: étonnamment amaigri, avec des yeux rentrés dans la tête. Que j'éprouve toujours au fond une sensation de douleur, vous le savez: seule, toujours, l'excitation nerveuse a pu m'étourdir; à présent que je dois éviter toute excitation, vous pouvez vous imaginer ce qui me reste! —

Cependant j'ai encore trop de choses devant moi, et bientôt la vie va de nouveau s'emparer de mon être tout entier!

Hier, on m'a conduit en voiture aux Champs- Elysées et l'on m'a fait faire une petite promenade au soleil. Cela m'a réussi. Je vais reprendre! Aussi ai-je retrouvé la patience. . . .

Dans mon nouvel et modeste appartement, les trois gravures de Rome pendent encadrées au-dessus et auprès de mon divan!

* Voir Glasenapp, II, 2, 282.

Adieu pour aujourd'hui! Je ne puis écrire

davantage!... Merci! mille fois! Cordiale et

profonde fidélité! . . .

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