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LA MACHINE A VAPEUR MUSICALE DE BAYREUTH

Dessin de K. Klic.

(Humoristisehe Blatter, de Vienne, 20 août 1876.)

La machine à musique construite par "Wagner marche à Bayreuth, chauffée à toute vapeur. L'abbé Liszt qui tient le piano est au septième ciel de l'enthousiasme. Les rouages claquent avec sonorité, le Krupp musical lance en grondant des tons menaçants, et chacune de ses notes est un hymne pour le Maître. Quant à celui que les mouvements résonnants de la machine mimico-musicale de l'avenir ne satisferaient point, il pourra également en ressentir les contre-coups de loin, s'il le désire.

Le chauffeur de cette infernale machine est M. Bôsendorfer, facteur de pianos, l'Érard viennois.

Richard Wagner, par Grand-Carteret.

jusque dans leurs plus secrètes demeures. Un docte professeur écrit sur l'influence des sons de l'avenir dans l'esthétique générale et le Kikèriki viennois, le coq à la crête ébouriffée, qui estime avoir bien quelque droit à donner, lui aussi, sa note dans le concert, trace la composition d'un orchestre suivant Richard Ier en l'an wag-

Aach dièse trauern bei dem Tode Richard Wagner's denn sie hôren jetzf auf eine ergiebige Witzquelle fiir Coupletdichter zu sein.

{Wiener Luft, 24 février 1883.)

Et ceux-là aussi se lamentent de la mort de Richard Wagner, car dès maintenant ils cessent d'être pour le dramaturge une source féconde d'esprit.

nérien 4822, car, dit-il, si la France a eu son calendrier républicain national, l'Allemagne, depuis 1876, depuis la fédération bayreuthienne , possède son calendrier musicalo-socialistico-wagnériste.

Qu'ils soient de l'ancien ou du nouveau continent, tous les Germains s'en mêlent ; tous les journaux satiriques cherchent à ridiculiser la musique modèle.

Après les machines à vapeur à sons aigus, dignes contemporaines de la tour Eiffel, les orchestres, les chanteuses, les écoles de chant.

Le Puck, de New- York, présente un premier sujet :

Je suis Gumhilda, fille de Blogun, Blogun Bosslugga, Blogun le batailleur, enfant des pays du Nord. Je suis sa fille et, en même temps, croyez-moi, une fière déchireuse de bottes. Je suis un soprano et quand je... gueule, les suivants m'accompagnent en mesure : 17 trombones, autant de cornets à pistons,

Cri du cœur d'un enthousiaste wagnérien. Gliicklicher Meister ! Die Fa-Gœtter sind mit Dir. Heureux Maître ! Les bassons (les dieux du fa) sont avec toi.

Le texte allemand a un calembour qui porte sur la façon de couper le mot Fagott (basson), Gœtter voulant dire « dieux »•

(Kikeriki, 6 août 1882.)

20 triangles, 4 paires de cymbales, 40 violons, 2 doubles-basses, plus un vieil ophicléide. Vous pouvez risquer votre tête si je ne chante pas avec un pareil total, étant une femme selon Wagner. Donc écoutez mon... orchestre, et entendez, tumultueux, ma trilogie.

Partout la caricature a visé la multitude des cuivres, le déploiement sans précédent des forces orchestrales ; partout elle a amoncelé instruments sur instruments, cors à sourdine, clarinettes, trombones-contrebasse, tubas-contrebasse, trompettes-basse, flûtes. L'orchestre

n'entend plus les chanteurs, et les chanteurs, tous sourds, après un mois de pratique, affirment que les musiciens font semblant de jouer.

Il était temps qu'il mourût, s'écrie un humoriste; l'Allemagne, comme après la guerre de Trente ans, allait être dépourvue de chanteurs, et tous les instruments à corde étaient brisés.

Oui, mais ceux qui se lamentent ce sont les fabricants de tubas-trompette et les grosses caisses, ces pauvres grosses caisses, qui lui furent si fidèles, si utiles, de son vivant, et qui, lui mort, ne pourront plus servir qu'à battre la réclame pour l'œuvre et pour le théâtre.

Demandez la complainte de la grosse caisse, jérémiade wagnérienne jouée sur les tréteaux populaires viennois!

Ceci est un « Leitmotiv ».

Gare aux têtes! Il tape dur.

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