A PROPOS DES REPRÉSENTATIONS DE PARSIFAL
A Bayreuth.
Die erste Vorstellung des « Parsifal »
wàre bald durch einen unangenehra Zwischenfall gestôrt worden. Ein von einem Indianerstamm entsendeter Berichterstatter rief nâmlieh bei einer grossen musikalischen Ensemblescene : «Himmel!
Was hore ich ? Das sind ja meine heimatlicben National-gesànge. «
Nach der Vorstellung versammelten sich die Kûnstler zu einem von « Meister » veranstalteten Bankett. Die Aermsten waren seit Beginn der Proben bis zum Ende der ersten Vorstellung zum ersten Maie in vollster harmonie beisammen.
La première représentation de « Parsifal » a manqué être troublée par un incident désagréable. Un reporter envoyé par une tribu indienne s'est écrié au milieu d'un ensemble musical : «Ciel ! Qu'entends-je? Mes chants nationaux. »
Après la représentation, les artistes se sont retrouvés à un banquet organisé par le « Maître ». Depuis la répétition générale, c'était la première fois qu'ils se trouvaient en complète harmonie.
{Rumoristische Blatter, 30 juillet 1882.)
Les banquets sont chose fréquente dans l'histoire du wagnérisme militant. A ce point de vue Wagner avait précédé Crispi, ce qui prouve que, en art comme en politique, les mêmes moyens se présentent. Du reste, n'est-ce point un peu partout dans nos habitudes, aujourd'hui?
Offerts à Wagner ou par Wagner, dans les villes de passage, ou à Bayreuth même, les banquets et allocutions demanderaient
pour être analysés une plaquette spéciale. Encore une fois donc je renvoie aux documents qu'on trouvera de côté et d'autre dans OEsterlein. Qu'il me suffise de signaler les banquets de 1876 et de 1882 et de donner les noms des artistes figurés ici aux côtés de Wagner. Les femmes : Mmo Friederich-Materna, Marianne Brandt, Thérèse Malten, les trois « Kundry » de Parsifal. Les hommes : Théodor Reichmann (Amfortas), Hermann Winkelmann (Gralskônig) et Brandt.
Autres détails à retenir sur les représentations de Bayreuth. Chaque fois la presse, suivant l'habitude aujourd'hui partout établie, a donné le chiffre total produit par les représentations (c'est ainsi qu'en 1882 il a été pris 8,200 cartes d'entrée et encaissé 240,000 marcksj et les noms des illustres personnages, princes européens ou exotiques.
Dès 1872, à grands renforts de réclame, on annonçait que le Sultan avait, par l'entremise de son ambassade à Berlin, commandé et payé dix des fameux Patronatscheine (1). Enfin — ce qui est un comble — on a communiqué le nombre des mots télégraphiés par les correspondants de journaux (le soir de la première représentation : en 1876 11,000 mots, en 1882 14,000 ; mais pour les enthousiastes, c'est 44,000 qu'il faut lire).
C'est égal, télégraphiste à Bayreuth, ce n'est toujours point une sinécure ; que d'antiwagnériens cela doit faire !
(1) Les journaux satiriques s'amusèrent beaucoup de cette participation du Sultan à l'œuvre wagnérienne. Aussi répétèrent-ils à foison que le Sultan avait dû très certainement se tromper, et prendre Bayreuth pour Beyrouth.