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WAGNER ET MOZART

Unterschied zwischen berùhmten Kompositeuren. Simple différence entre compositeurs célèbres.

Mozart spielte allein und ohne sien honoriren zu lassen, auf dem Flugel, und wurde von hunderten applaudirt.

Mozart jouait seul, sans se faire payer, sur un clavecin, et était applaudi de centaines de gens.

Richard Wagner braucht hunderte von Sàngern, Musikern und Tausende, die Sitze kaufen, — und applaudirt allein.

Richard Wagner emploie par centaines chanteurs et musiciens sans compter les milliers de gens qui paient leur place, et seul il applaudit.

{Kikeriki, 6 août 1882.)

La caricature, comme la littérature, en Allemagne, tout au moins, a, sans cesse, mis en parallèle Mozart et Richard Wagner, mais, si l'une et l'autre ont ainsi établi des comparaisons entre les deux personnages, entre ces deux maîtres de la musique, ce fut dans un esprit absolument différent.

En effet, tandis que les écrivains spécialistes se sont évertués à rechercher, à montrer les points de contact entre Mozart et Wagner, tous deux ayant eu contre eux les classiques, tous deux ayant été considérés comme des révolutionnaires — et Ton a rapproché à ce propos la représentation de Tannhàuser en 1861, de la représentation de Don Juan en 1805, — les dessinateurs humoristes, eux, ont fait intervenir Mozart pour montrer la simplicité, le désintéressement artistique du compositeur de Don Juan à côté de l'orgueil de Wagner et de son amour de l'argent. Volontiers, comme le Kikeriki, ils donneraient tous, pour devise, à l'un : a Peu de bruit et beaucoup », à l'autre : « Beaucoup de bruit et rien ».

De fait, ils furent l'un et l'autre des novateurs ; l'un et l'autre provoquèrent, par leurs œuvres, les saillies et les lazzi du public ; l'un et l'autre se laissèrent aller contre la France qui ne les comprenait pas, qui les repoussait, à de ridicules et regrettables accusations.

Ajoutons que Wagner, chef d'orchestre au théâtre de Dresde, dirigea personnellement, en 1844, une exécution de Don Juan, qu'il a consacré un chapitre à Mozart dans son livre Opéra und Drama, et que, jusqu'en 1863, il eut au-dessus de sa table de travail, sur deux petites consoles en palissandre, les bustes de Mozart et de Beethoven. Consoles et bustes furent alors offerts par lui à un M. Fr. Schweickhart, auquel, d'après OEsterlein, il aurait dit : « Je vous donne deux objets qui ont cessé de me plaire. »

Dur pour Mozart, dur pour Beethoven.

Dernier détail : dans le Mozart- Album se trouve une courte poésie de Geibel, indirectement dirigée contre les fanatiques de la soi-disant musique de l'avenir. Voir également le Mozart- Buch, publié en 1869, à Vienne, par le Dr Constantin von Wurzbach, et plein d'allusions se rapportant à Wagner.

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